WARRIORS
- Marguerite Romeuf

- il y a 6 heures
- 2 min de lecture
2026 FESTIVAL OFF AVIGNON
La Factory, salle de l'Oulle
Du 3 au 25 Juillet à 20h45
Vu en avant-première le 12 Juin 2026 à 14h

Waouh !!! Quel spectacle ! Avec la Compagnie Wanted Posse, ça déchire, ça dépote, ça bouge grave! Du Hip-Hop , oui, mais du Hip-Hop ouvert, foisonnant, riche de tant de courants différents du monde de la danse.
Le chorégraphe Njagui Hagbe puise son inspiration dans plusieurs styles...le locking, danse funk inventée par Don Campbell au début des années 70 à Los Angeles, la breakdance développée à New York aussi dans les années 70, caractérisée par des mouvements saccadés et des figures acrobatiques au sol, le street jazz qui emprunte les bases techniques du modern jazz en y intégrant des attitudes, des postures, une gestuelle et un rythme propres aux danses urbaines.
Cette richesse, les danseuses et les danseurs nous la livrent, et même nous la balancent, avec une énergie foudroyante, une technique impeccable, et une joie de danser qui nous transperce !
WARRIORS est une chef d'oeuvre chorégraphique porté non pas par une troupe, mais par une bande, soudée, bourrée d'énergie, douée d'une technique parfaite.
Nicolas Le Bricquir excelle dans une mise en scène ultra dynamique, porteuse du sujet développé avec finesse, drôlerie, efficacité, et clarté. Le chorégraphe et le metteur en scène nous racontent une histoire, une histoire à suspens. Et l'union de leurs talents respectifs aboutit à cette création sublime.
On y décèle un clin d'oeil malin au film West Side Story, sorti en 1961, où deux bandes adverses se toisent avant l'affrontement, en claquant des doigts. Mais aussi revient en écho ce film The Wall Pink Floyd, sorti en 1982, avec sa scène culte montrant un défilé de jeunes uniformisés, conditionnés, lobotomisés par le Système.
Dans cette création, à une société de fraternité s'oppose une sorte de secte anonyme qui efface les personnalités, les singularités, et embrigade au fur et à mesure les danseurs.
Certains résistent, y échappent, mais jusqu'à quand ?... Pourront-ils demeurer dans la bande joyeuse et humaniste ?...Ou bien vont-ils finir par se faire happer par la secte haineuse sans visage ?...
Du côté des « gentils » l'esprit battle règne dans une ambiance bon enfant. Les tenues de scène sont variées, colorées, décontractées. En revanche les « méchants » sont de vrais méchants, anonymes, tout le visage enfoulardé par un tissu sombre élastiqué autour du cou, qui les rend irreconnaissables dans leur costume noir uniformisé.
Le message est politique. Libre à chacun et chacune de faire son choix. Les danseurs le feront au fil de cette histoire qui va crescendo et nous tient en haleine.
Une histoire dansée, touchante, captivante qui, sur ce plateau de 11 mètres sur 8, déploie toute son ampleur et sa force. La création Lumière est à saluer, ainsi que la création musicale largement inspirée des années 80.
S'il y a un spectacle de danse à voir au Festival d'Avignon, c'est bien celui-là, salle de L'Oulle à 20h45 du 3 au 25 juillet 2026.
Marguerite Romeuf
Chorégraphe : Njagui Hagbe
Mise en scène : Nicolas Le Bricquir
Création Lumière:Henri Leutner
Costumes : Clara Cipriano
Création musicale : Sam One, Franck Chenal, Emmanuel Jessu
Danseuses et danseurs : Martin Taï, Victor Balatier, Mariana Luz, Virginie Savary, Stéphanie Paruta, Raphaël Ludon, Ange Amédée









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