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Le murmure du taffetas

  • Photo du rédacteur: Jean-Michel Gautier
    Jean-Michel Gautier
  • 7 déc. 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 1 janv.



Théâtre de l'Optimist

le 6 décembre 2025 à 20h

Le 7 décembre à 16h30



Le murmure du taffetas, monologue d’une robe


C’est en 2013 que Diane Saurat franchit pour la première fois le seuil de la villa Les Rhumbs, à Granville, demeure familiale des Dior. Le lieu, chargé de mémoire, et surtout la figure de Christian Dior, l’émeuvent profondément. Dès lors, Diane Saurat se plonge dans lectures et recherches, animée par une curiosité devenue vite insatiable. En 2015, elle consacre une conférence au couturier, avec la volonté sincère de révéler l’homme derrière la légende : un être discret, d’une sensibilité extrême

Dans Le Murmure du taffetas, Diane Saura signe une pièce d’une grande délicatesse, à la lisière du théâtre, de la performance et du geste artisanal. Rien de démonstratif ici. Tout se joue dans l’attention portée aux détails, comme lorsqu’on tire un fil avec précaution pour ne pas altérer la trame. Le spectacle donne à voir la naissance d’une robe de haute couture et, à travers elle, fait émerger la figure de Christian Dior, trop souvent dissoute dans la légende de sa maison.

Tout commence à un endroit très intime. Avant la robe, il y a le tissu. Le toucher de la matière, son poids, son frôlement presque imperceptible, ce bruissement feutré du taffetas. La création n’est jamais abordée comme un geste spectaculaire, mais comme un processus lent, fait d’hésitations, de repentirs, de décisions minuscules. Le croquis n’est qu’un point de départ : il se transforme, se contredit parfois, jusqu’à ce que la matière prenne le relais. Peu à peu, le murmure s’éteint. La robe advient.

Sur scène, Diane Saura incarne ce passage avec une grande justesse. Son jeu, tout en retenue, évite l’exagération et privilégie la suggestion. Chaque geste semble pesé, chaque inflexion de voix attentive, comme si le récit se cousait sous nos yeux, point après point. Il se dégage de sa présence quelque chose de profondément sensible, presque pudique, qui rend hommage à la timidité et à la finesse d’âme du couturier qu’elle convoque, sans jamais chercher à l’imiter.

L’alliance entre le texte, l’interprétation, le chant et la musique est parfaite.Diane Saura et Cianciolo nous hypnotise! On ressort touché, avec le sentiment d’avoir approché non seulement Christian Dior, mais aussi la beauté fragile de l’âme humaine.

On peut toutefois émettre une légère réserve quant à la mise en scène, dont l’extrême épure finit parfois par frôler l’immobilité. À force de retenue, certaines séquences semblent s’étirer, au risque d’un léger affaissement du rythme. Ce choix, sans doute assumé, participe à la cohérence esthétique de l’ensemble, mais peut aussi tenir le spectateur à distance, là où l’on aimerait parfois que le spectacle prenne davantage de risques, qu’il laisse affleurer une tension plus marquée. Cette retenue n’entame pas la finesse du propos, mais elle en limite peut-être l’élan.

Malgré tout, une pièce tout en sensibilité et en poésie qui fait du bien à l’âme.


Fanny Inesta



Le regard de Jean Michel Gautier



Sur scène, comédienne Diane Saura raconte la création d’une robe, non pas une robe ordinaire, mais une robe de haute couture. Ce sont les sensations du toucher du tissu, le frôlement de la robe en cours de fabrication.

C’est le récit précis d’un processus qui commence avec le premier croquis, dans lequel la robe émerge peu à peu. Un moment de gestation, fait d’hésitations, de décisions, de traces laissées çà et là.

Diana Saura raconte et entraîne les spectateurs dans cette phase de création. La robe prend forme progressivement. On part des croquis qui se transforment : peu à peu, la robe se construit. On quitte les dessins, les coupes… pour arriver à la robe elle-même. Le tissu s’évade, la naissance est proche. Le murmure s’efface, la robe émerge.

Peu à peu, la robe s’installe, et le créateur apparaît.

Une œuvre magnifiquement interprétée par Diana Saura, portée et sublimée par la musique live de Cianciolo, déployant une riche palette d’instruments et une voix pure, cristalline, qui enveloppe et élève l’ensemble.


Jean-Michel Gautier



De et avec Diane Saura

Musique  de Cianciolo

2 commentaires

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Invité
08 déc. 2025

Merci beaucoup, Jean-Michel Gautier, pour votre présence et pour votre écoute.

Diane Saurat et Cyril Cianciolo

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Invité
31 déc. 2025
En réponse à

bonsoir

voici mon article. Désolée du retard! Je vouq souhaite un beau réveillon. Bien à vous. Fanny

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Nous sommes Fanny Inesta et Jean-Michel Gautier, chroniqueurs indépendants et surtout passionnés de théâtre, d’expositions, et de culture en général. A ce jour, nous créons notre propre site, avec nos coups de coeur et parfois nos coups de griffes… que nous partageons avec vous.

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