La guerre de Troie n'aura pas lieu De Jean Giraudoux
- Marguerite Romeuf

- 27 juil.
- 2 min de lecture
2026 FESTIVAL OFF AVIGNON
du 4 au 25 juillet
Théâtre des Brunes au 32 rue Thiers (relâche les 8, 15, 22)

Le théâtre d'Hippolyte Jean Giraudoux (né en 1882 et mort en 1944) résonne dans nos mémoires au travers des pièces célèbres dont Amphitryon (1929), Electre (1937), Ondine (1939), La folle de Chaillot (jouée en 1945), et La guerre de Troie n'aura pas lieu (1935). Comme Jean Cocteau, Jean Anouilh, Jean-Paul Sartre et Albert Camus, il participa à la réécriture de mythes antiques revisités avec un regard moderne. C'est à la suite de sa rencontre avec Louis Jouvet qu'il se tourna vers l'écriture théâtrale, ayant publié auparavant des romans. Romancier, il le fut, tout en s'accomplissant dans sa carrière de diplomate, comme le fit aussi Paul Claudel.
Le 31 janvier 1944, ce dernier lui rendit un brillant hommage, dont on peut retenir « Vivre, c'est mourir un peu ».
En présentant cette pièce LA GUERRE DE TROIE N'AURA PAS LIEU, le Collectif Nuit Orange fait un choix judicieux qui s'avère coller à l'actualité mondiale.
D'ailleurs, la scénographie et les costumes correspondent à ce que donnent à voir les codes vestimentaires des dirigeants de notre époque, ainsi que leurs équipes gouvernantes.
Un long bureau massif occupe quasiment tout le plateau en son centre. Derrière, accroché au mur, un grand écran. Une caméra est posée sur des étagères hautes à Cour. Un drapeau de taille conséquente flotte derrière le bureau.
Tout se passe dans ce bureau, qui pourrait être le « Bureau ovale » ou bien tout autre...de même que la longueur de ce meuble pourrait rappeler la longue table utilisée par Poutine lors des rencontres avec des dirigeants mondiaux.
Dans le contexte géopolitique qui fait notre actualité, une pièce de théâtre écrite par un diplomate et traitant de risques de guerre et de rencontre diplomatique, il fallait l'oser. Le Collectif Nuit Orange l'ose, dans une mise en scène intelligente d'Edouard Dossetto, plus fouillée que dans son adaptation de HERNANI, proposée aussi au festival d'Avignon 2026.
Sans tomber dans la cancel culture, on peut regretter toutefois que la femme, en l'occurrence Hélène, épouse de Ménélas, roi de Sparte, enlevée par Pâris, prince troyen, ne demeure qu'une monnaie d'échange...et une cause de guerre.
C'est là perpétuer une image des femmes qui les réduit à l'état d'objets, et d'objets créateurs de dissension.
Peut-être aurait-il été plus subtil pour honorer la lutte féministe, à la manière de Quentin Tarantino dans son film ONCE UPON A TIME IN HOLLYWOOD d'en modifier non pas la fin, mais l'image attribuée à Hélène, sujet central de la pièce...
Gageons que le respect du mythe et de l'écriture de Jean Giraudoux auront eu le dessus sur cette création en la privant d'une pareille audace...
Ce Collectif Nuit Orange compte de bons artistes en terme de jeu dramatique. Et il s'affirmera en nourrissant son travail d'interprétation en gagnant en nuances et en ruptures d'intentions.
Texte : Jean Giraudoux
Mise en scène : Edouard Dossetto
Avec : les comédiennes et comédiens du Collectif Nuit Orange
Marguerite Romeuf









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