Le chant Des Oliviers


LE CHANT DES OLIVIERS
film d'Alex Camilleri
« Fini, c'est fini, ça va finir, ça va peut-être finir » Samuel Beckett.
Pour cette jeune femme, Mar, « c'est fini ». Le film débute sur les obsèques de sa mère. Les tensions familiales sont d'ores et déjà palpables, mais sa relation houleuse à sa mère a donc pris fin.
Mar est sur le point de quitter Malte... « ça va finir ».
Mais elle hérite de trois terrains dont elle ignorait l'existence, et qu'il va falloir retrouver pour les vendre... « ça va peut-être finir ».
Ce film d'Alex Camilleri est bien construit, émouvant, notamment grâce au jeu subtil, tout en finesse de l'actrice principale Michela Farrugia. Cette comédienne remarquable nourrit son personnage de jeune femme rebelle, directe, écorchée, avec justesse et sagacité.
Alex Camilleri nous propose là un film académiquement parfait.
Mais, de par le choix des archétypes et des situations, les scènes s'avèrent un peu trop prévisibles.
La psychologie des personnages aussi.
Il y a un « je ne sais quoi » dans ce film qui n'en fait pas un chef d'oeuvre, mais seulement un bon film, agréable à voir. C'est ce qui fait la différence entre le 7ème Art et le cinéma.
Dans sa recherche pour localiser les trois terrains hérités de sa défunte mère, Mar va rencontrer un vieil homme, ancien séducteur, porteur d'une tradition chantée propre à Malte, le Ghana, qui repose sur de l'improvisation, et conduit à des joutes particulières, parfois douloureuses selon le propos. Mais la poésie est présente au sein de cette tradition chantée, une poésie à la Baudelaire, qui égratigne parfois.
L'acteur Nenu Borg tient son rôle avec adresse. La différence de jeu dans l'interprétation entre Michela Farrugia et Nenu Borg marque l'évolution des courants dans la pratique de l'Art dramatique entre les anciens et les jeunes artistes.
Entre Mar et Nenu vont se tisser des liens d'affection réciproque. Le vieil homme va l'aider à trouver les terrains inscrits sur un cadastre aléatoire et ancien. Nenu connaît bien l'île. Et l'île le connaît bien aussi. Il est une star locale du Ghana.
Le film nous promène dans cette île, Malte, tantôt colonisée par les Phéniciens et les Carthaginois, puis les Romains dans l'Antiquité ; les Vandales et les Ostrogoths après la chute de l'empire romain ; les Arabes dans la période 870, dont on trouve la trace linguistique ; puis vers 1091 les Normands et les dynasties du Royaume de Sicile ; les Chevaliers de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem ; et à l'époque contemporaine, les Britanniques jusqu'en 1964.
Alex Camilleri nous donne à entendre et à voir cette diversité, à la fois humaine et linguistique, car le film est diffusé en version originale.
Pourquoi avoir choisi ce titre « Le chant des oliviers » ?
C'est la partie magique, poétique, spirituelle du film qui justifie ce choix. Mar découvre dans sa recherche du dernier terrain un sublime champ d'oliviers, habité du souffle du vent, réputé hanté, et qui sera déterminant pour la suite de sa vie.
Mar quittera-t-elle l'île de son enfance et de ses tourments...
Réalisation : Alex Camilleri
Interprètes : Michela Farrugia, Nenu Borg, Michaël Azzopardi
Marguerite Romeuf









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