Albert Camus à l'honneur au Théâtre du Balcon

Deux semaines pour retrouver une œuvre toujours vivante
du 14 au 29 novembre 2026
Du 14 au 29 novembre 2026, le Théâtre du Balcon consacre un cycle à Albert Camus. Théâtre, littérature et cinéma se croiseront pendant deux semaines pour faire redécouvrir l'écrivain, son œuvre et les questions qu'il continue de soulever.
Au Théâtre du Balcon, l'attachement de Serge Barbuscia à Albert Camus ne date pas d'hier. Il y a chez lui une proximité avec cet écrivain, avec sa liberté de pensée, son exigence morale, son humanisme, mais aussi ses contradictions.
Dans la famille Barbuscia, cette admiration s'est également transmise par le théâtre. Jean-Baptiste Barbuscia s'est ainsi emparé de l'univers de l'auteur de L'Étranger avec L'Étrangère, une création qui prolonge à sa manière cette relation particulière avec l'œuvre de Camus. Les deux articles consacrés au spectacle en témoignent.
Le spectacle reprend l'univers de L'Étranger, mais choisit de déplacer le point de vue. C'est Marie Cardona, le personnage féminin du roman, qui prend ici la parole. Interprétée par Marion Bajot, elle sort de la place secondaire que lui avait laissée le récit de Meursault pour livrer sa propre perception des événements.
Ce changement de regard permet d'aborder autrement l'histoire de L'Étranger. Là où le roman laisse une large place au silence et à la distance de Meursault, la pièce donne à entendre celle qui, jusque-là, restait en marge du récit. L'amour, l'absence et les relations humaines prennent alors une autre dimension.
Avec L'Étrangère, Jean-Baptiste Barbuscia ne cherche pas simplement à transposer Camus sur scène. Il propose de revenir à son univers par un chemin différent, en donnant une existence nouvelle à un personnage que l'on croyait connaître.
Le programme débutera les 14 et 15 novembre avec Pierre Martot, qui interprétera Le Mythe de Sisyphe. Dans ce texte majeur, Camus explore l'absurdité de la condition humaine et la possibilité de continuer à vivre malgré l'absence de sens donné à l'existence.
Le 17 novembre, la compagnie La Parole Rouge présentera Les Justes. Mise en scène par Loïc Beauché, cette pièce réunira sept comédiens, parmi lesquels Marie Hurault et Salvatore Franco. Camus y confronte ses personnages aux dilemmes de l'engagement révolutionnaire. Peut-on tuer au nom d'une cause juste ? Jusqu'où peut-on aller sans renoncer à ses convictions ? Des questions qui restent particulièrement sensibles aujourd'hui.
Les 19 et 20 novembre,coup de coeur de Télérama, Jean-Baptiste Barbuscia présentera L'Étrangère, avec Marion Bajot dans le rôle de Marie Cardona, et Fabrice Lebert
Le 21 novembre, David Simon proposera Camus : La Chute, une conférence théâtralisée imaginée par Catherine Kiss. Le spectacle invite à explorer les ressorts psychologiques et existentiels de ce texte , dans lequel Camus met en scène la confession et les contradictions d'un homme.
Les 21 et 22 novembre, Thibault Pasquier fera découvrir L'Envers et l'Endroit, adaptation du premier ouvrage publié par Camus. Écrit alors que l'auteur était encore très jeune, ce recueil évoque déjà des thèmes qui traverseront toute son œuvre, les paysages de son enfance, les êtres modestes, la pauvreté, la famille et le rapport au monde.
le cinéma Utopia prendra le relais le 24 novembre avec Loin des hommes, le film de David Oelhoffen inspiré de la nouvelle L'Hôte. Dans l'Algérie des années 1950, cette adaptation met en scène deux hommes confrontés à des choix difficiles, sur fond de conflit. Liberté individuelle, fraternité et responsabilité sont au cœur de ce récit qui fait écho aux préoccupations de Camus.
Les 28 et 29 novembre, le cycle se poursuivra avec La Peste, dans une mise en scène de Frank Hofmann, interprétée par Marie Jung et François Camus. À travers cette adaptation du célèbre roman, le spectacle revient sur la manière dont les hommes affrontent une épreuve collective, entre absurdité de l'existence, peur et solidarité. Une œuvre dans laquelle Camus interroge la capacité de chacun à résister à l'adversité et à préserver son humanité face au malheur
Camus, une histoire aussi vauclusienne
Ce cycle trouve également un ancrage particulier en Vaucluse. En 1958, Albert Camus achète une maison à Lourmarin, dans le Luberon. Il découvre dans ce village provençal une lumière et une douceur de vivre qui lui rappellent son Algérie natale.
L'écrivain s'intègre à la vie locale, fréquente les commerces et les cafés et apprécie la simplicité des relations avec les habitants. Il passe à Lourmarin les dernières fêtes de Noël de sa vie, en 1959. Quelques jours plus tard, le 4 janvier 1960, il meurt dans un accident de voiture.
Il repose aujourd'hui au cimetière du village. Sa tombe, est devenue un lieu de mémoire pour les lecteurs et tous ceux qui souhaitent se rapprocher de l'écrivain.
En consacrant deux semaines à Albert Camus, le Théâtre du Balcon fait ainsi dialoguer une œuvre majeure avec différentes formes artistiques.
Fanny Inesta









Commentaires