Nos Lendemains
- Fanny Inesta

- il y a 14 heures
- 2 min de lecture
Théâtre du Sablier
37 Cours Aristide Briand 84100 Orange
Le 14 Février 2026 à 20h
Le 15 Février 2026 à 17h

Le théâtre du Sablier situé à Orange, affiche complet pour ces deux représentations. En ce soir de Saint-Valentin, le public était accueilli avec une coupe de champagne. Une attention simple et agréable, qui donnait le ton avant une pièce particulièrement réussie !
Nos Lendemains s’ouvre comme un souvenir qu’on aurait presque oublié. Une chambre d’adolescent, quinze ans à peine, et ce sentiment tenace que tout est encore possible, que le monde est vaste et à portée de main. Christian et Annie joués par Lisa Chevallier et Rémi Bourdeau entrent ainsi dans nos vies. Des prénoms banals pour une génération née en 1954. Lui a la tête dans les étoiles, regarde la Lune et se rêve ailleurs, cosmonaute, pourquoi pas. Annie voudrait se rendre au festival de Woodstock mais garde les pieds sur terre, attentive déjà à ce qui bouge, à ce qui gronde. Entre eux, ça se taquine, ça se cherche, ça se provoque. L’amour n’a pas encore de nom, mais il est là, discret, bien présent.
Le temps passe, les certitudes aussi. Les idéaux se déplacent, parfois s’effritent, mais le lien tient. Ils avancent ensemble, tant bien que mal. Puis arrive un enfant, une petite fille, et avec elle cette sensation que l’intime et le politique commencent à se mêler. Les grands événements de l’Histoire surgissent presque sans prévenir, comme ils le font dans nos propres souvenirs.
À la manière d’une bande-son qui accompagnerait les années, Lisa Chevallier entremêle extraits de chansons et repères historiques : la loi Veil,la chute du mur de Berlin, l’élection de François Mitterrand puis plus tard celle de Chirac (moment très drôle!) la victoire de l’équipe de France de football en 1998, la période du Covid. Par petites touches, elle raconte plus de cinquante ans de vie à deux, traversés par les espoirs, les doutes, les élans et les désillusions d’une époque.
Ce qui frappe, c’est la justesse de l’écriture. Elle est intelligente, souvent drôle. Les personnages ont le droit de se tromper, de croire trop fort, de changer d’avis. Sur scène, Lisa Chevallier compose une Annie vive,lumineuse, facétieuse qui assure, traversée de contradictions, face à un Christian incarné par Rémi Bourdeau, tour à tour , inquiet, maladroit et touchant. Leur complicité s’impose par sa simplicité, par un jeu très naturel, par certaines répliques vraiment très fines et malicieuses.
La mise en scène de Tania Tsikounas reste en retrait. Elle accompagne le passage du temps avec délicatesse, laissant les chansons, les souvenirs et les émotions faire leur chemin jusqu’au public.
On reconnaît une mélodie, une époque, un sentiment déjà vécu. On sourit, puis une légère mélancolie s’installe. Car derrière cette histoire d’amour, c’est aussi la nôtre qui affleure : celle d’un pays, d’une génération, de ces lendemains parfois chantants, parfois dissonants.
Un spectacle qui rappelle que l’amour n’est jamais une ligne droite, mais une traversée. Et que, parfois, il suffit d’une chanson pour se souvenir d’où l’on vient.
Une pièce qui revisite les grands événements de ces soixante-dix dernières années, avec sérieux mais aussi avec espièglerie, humour et une belle liberté de ton.
Fanny Inesta
de Lisa Chevallier
Avec: Lisa Chevallier et Rémi Bourdeau
Mise en scène: Tania Tsikounas









Excellent spectacle parfaitement résumé dans votre critique. Revu hier soir avec un très grand plaisir après l'avoir découvert l'été dernier au festival d'Avignon.
Merci pour cette critique! J'y vais aujourd'hui!!😀