Waelkens raconte Renaud
- Fanny Inesta

- il y a 8 heures
- 3 min de lecture
Théâtre de l'Optimist
Rue Guillaume Puy Avignon
Le 11 avril 2026 à 20h
Le 12 avril à 15h30
Photos: F. inesta
Un spectacle touchant : celui d’Olivier Waelkens
Une légère brise aux accents nostalgiques s’est invitée ce soir dans le bel écrin du Théâtre de l’Optimist. Invité par Grégoire Aubert , une présence d’autant plus précieuse qu’Olivier Waelkens se produit habituellement dans des cadres plus privés , dans sa grange à musique...
Il ne débarque pas avec fracas, baskets dépareillées, sourire franc, allure de voisin qu’on croise au coin du bar, il installe d’emblée une jolie proximité.
Et puis il y a cette voix. Oui, elle rappelle immédiatement celle de Renaud , cette même fêlure, cette même tendresse râpeuse , mais très vite, on cesse de comparer. Parce que ce qui compte ici, ce n’est pas la ressemblance, c’est l’intention.
Le spectacle, généreux jusqu’à l’excès (plus de deux heures, 25 chansons… ou 26, dans un joyeux flou), se déploie comme une traversée chronologique de l’œuvre de Renaud. Un demi-siècle de mots griffés, d’élans tendres et de colères gouailleuses. Olivier Waelkens belge d'origine, ne se contente pas d’aligner les titres, il raconte, partage avec humour des fragments de vie, des souvenirs glanés au fil du temps passé à ses côtés. Il prend aussi le temps d’éclairer l’origine de certaines chansons, d’en dévoiler le contexte, le pourquoi intime, comme autant de petites clés offertes au public. Des incontournables aux perles moins connues, chaque titre semble choisi avec le cœur.
Tout est ramené à l’essentiel, une guitare, une voix, et ces textes que l’on redécouvre. Dans cette nudité, comme au bon temps de Renaud, les mots reprennent toute leur force, leur fragilité, leur humanité.
La comparaison avec Jean-Baptiste Guégan pourrait venir à l’esprit, tant les deux artistes partagent ce don troublant de faire revivre une voix. Mais là où certains choisissent naturellement la lumière des grandes scènes, Olivier Waelkens semble, lui, préférer l’ombre douce des lieux intimistes.Il y a chez lui une forme d’humilité qui se constate, celle de préférer les lieux à taille humaine, comme le Théâtre de l’Optimist, à ces vastes salles où l’émotion se dilue parfois dans l’ampleur. Ce choix n’a rien d’anodin. Il épouse, au contraire, la nature même du répertoire de Renaud , une œuvre de la confidence, de la pudeur, de l’amitié murmurée plus que clamée.
Il y a dans cette démarche quelque chose de profondément touchant. Comme si l’hommage importait plus que la performance, comme si le lien,avec Renaud, avec le public ,passait avant tout le reste. Il invite d’ailleurs ce dernier à chanter, à taper dans les mains, et tous s’en donnent à cœur joie.
Plus de deux heures qui passent sans que l’on s’en rende compte. Olivier Waelkens termine en nous offrant une savoureuse anecdote. On ressort de là le cœur léger, avec l’envie de réécouter ces chansons et avec la sensation d’avoir partagé un vrai moment d’humanité.
Les inconditionnels de Renaud y trouveront, bien sûr, leur bonheur. Mais plus surprenant encore : ceux qui s’en étaient éloignés, ou ne s’y reconnaissaient pas vraiment, pourraient bien se laisser séduire par Olivier Waelkens. Par sa simplicité, sa chaleur, et cette manière bien à lui d’habiter les chansons
Il salue presque timidement, comme gêné par tant de bravos, comme si, pour lui, tout cela allait de soi.
Et l’on redécouvre, mine de rien, à quel point l’œuvre de Renaud continue de nous accompagner cabossée, vivante, essentielle.
La soirée s’est prolongée autour d’un verre, dans de beaux échanges, comme si le public n’avait pas envie de partir, avec le plaisir de découvrir un peu plus l’homme derrière l’artiste.
Cet après-midi, il sera de nouveau là, donc à voir et même à revoir si vous voulez passer un beau dimanche.
Fanny Inesta
Guitare et interprétation: Olivier Waelkens
















Une superbe soirée, un partage entre rires et émotion! Merci pour ce bel article qui donne simplement l envie de revenir!