Une vie sur mesure
- Nadine Eid

- 10 juil.
- 3 min de lecture
Une vie sur mesure
La Scala
3 rue Pourquery Boisserin
Festival Off 2026 du 4 au 25 juillet à 12h35
relâche les lundis 6 13 20 juillet
Durée 1h20


Une pièce entre les mains présente …
10 doigts pour saisir l’essentiel en moins de 10mn
Le seul en scène de Cédric Chapuis plusieurs fois nominé aux Molières revient depuis de nombreuses années à Avignon et joue quasiment à guichets fermés.
Un jeune autiste passionné par les rythmes rencontre son instrument. La batterie devient sa compagne de résilience.
Conscient de sa différence d’avec ses camarades et d’avec ses proches, il se livre, raconte, confie comme il joue, avec joie et humour. Le langage des rythmes devient sa langue maternelle, celle d’un refuge face à la violence d’un père jamais nommé que par son prénom. Bernard n’est pas tendre et la mère est peu évoquée si ce n’est par les disputes et la violence du père. Le frère est aussi un peu ghosté du rôle de frère-compagnon.
Sa différence l’a fragilisé et son entourage semble bien peu enveloppant. Seule la batterie ardemment désirée et enfin obtenue va modifier son quotidien. Son obsession va devenir un rêve à construire.
L’apprentissage n’est qu’une formalité, il dialogue des heures durant avec l’instrument - qu’il a même prénommée - et, bien vite, parvient à constituer une petite formation. Une jeune fille admirative l’aide dans la concrétude de ce projet. Malheureusement les voisins se plaignent et le conte de fées vire à la série noire.
Ce qui étonne dans le personnage d’Adrien Lepage c’est, outre la candeur décalée, la conscience de ce décalage et sa propension à nous inviter à pénétrer dans son univers. D’aucuns pourraient arguer que sa différence singularise les autres et qu’ainsi elle pointe dans leur fonctionnement des anomalies jusque là non décelées.
Il évoque dans les mots employés de stupéfiantes pensées, d’étonnantes interrogations, des modes de perception moins codifiés que les nôtres et, partant, comme un enfant qui s’exprime sans filtre, Adrien joue et parle sans restriction, il parle vrai, il dit tout, même ce qui le dessert. Sa sincérité est aussi dans son jeu toute en spontanéité et en authenticité.
Le regarder jouer est un plaisir aussi visuel car il fait corps physiquement avec sa batterie.
Le interprétations rythmiques sont de beaux préambules aux solos de batterie. Les percusionnistes, les batteurs, les grands noms du jazz ou du rock, évoqués par lui sont autant de signatures de quelques mesures et de quelques portées.
La construction du récit est menée de main de maître, sans linéarité mais avec des changements de rythmes, des pauses…..
Néanmoins quelques silences pour intensifier, sans pathos, les évocations de cette famille déficiente auraient pu être volées aux parties orchestrées par une bande-son peut-être trop brillante très tournée vers les grands noms du jazz, du rock, du métal rock….
Adrien à la batterie suffit amplement au plateau qu’on aurait aimé un peu plus intime…. mais peut-être n’est-cela qu’un fantasme de salle comble et à haute jauge.
Au final, l’intimité lui est rendue comme symboliquement l’espace scénique se restreint par force.
Mais chut….
A voir et à entendre juste dans les échos de nos enfances.
Nadine Eid
Adrien ferait un chouette petit frère, un grand aussi !
On adopte.
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Une vie sur mesure
de Cédric Chapuis
Stéphane Battle- Mise en scène
Cédric Chapuis - Interprétation
Cilia Trocmée - Création lumière
Margot Mouth - Régie
Marie Bruant - Présidence









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