Robinson
- Fanny Inesta

- 14 juil.
- 2 min de lecture
2026 FESTIVAL OFF AVIGNON
Théâtre des Béliers
53 Rue du portail Magnanen
du 4 au 25 Juillet à 11h (relâche le 9,16,23)

Une immense toile se balance au-dessus du plateau, gonflée par une tempête . En quelques mouvements, elle devient voile ou océan .
Seul survivant, le voici échoué,Robinson va alors s'organiser. Des poulies, des filets couverts de végétation, quelques accessoires et un paysage sonore peuplé d'insectes, de chèvres et de bruissements suffisent à faire surgir son île, tout repose sur la force d'évocation.
Ceux qui viennent retrouver le Robinson de Daniel Defoe risquent pourtant d'être surpris. Erwan Creignou ne raconte pas seulement le naufrage du marin anglais. Son adaptation emprunte des chemins de traverse, convoquant au passage Jules Verne, Michel Tournier ou Patrick Chamoiseau. Le roman devient une matière vivante, traversée par d'autres récits et d'autres voix.
Seul en scène,Erwan Creignou porte l'ensemble avec une belle énergie . Il ne cesse de changer de registre, passant de l'aventure à la confidence, du conte au souvenir. Sans jamais quitter vraiment son île, il la peuple de présences et fait exister les personnages par la seule puissance du jeu.
Puis surgit Vendredi, ils cessent d'être les héros d'un classique de la littérature. Ils deviennent deux manières d'habiter le monde, deux figures qui se répondent. "Nous sommes tous le Robinson ou le Vendredi de quelqu'un", glisse Erwan Creignou. La phrase trouve ici un véritable écho, tant le spectacle parle de dépendance, de solitude et de la façon dont chacun construit sa propre liberté.
Erwan Creignou raconte qu'enfant, il s'était inventé son propre Robinson après la mort de son père. . On comprend alors que cette île n'est pas seulement un décor mais un refuge, un endroit où l'on peut continuer à parler avec ses fantômes.
Reste une réserve. Ceux qui espèrent une adaptation fidèle du roman de Defoe pourront être déconcertés. Ce Robinson est résolument contemporain et prend ses distances avec le texte d'origine. Les autres apprécieront une proposition libre, servie par une scénographie inventive et un interprète qui ne ménage ni son corps ni son imagination.
L'île était-elle une prison dont il fallait sortir, ou le seul endroit où Robinson avait enfin appris à être lui-même ? Il faudra monter à bord de cette aventure théâtrale pour tenter d'y répondre.
Fanny Inesta
d'après Daniel Defoe
Adaptation, Mise en scène et interprétation Erwan Creignou
Lumière Denis Schlepp
Création sonore Adrien Hollocou
Voix du père Thierry Bosc
Scénographie Erwan Creignou
Attaché de presse Jean-Philippe Rigaud









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