Pulpit
- Marguerite Romeuf

- 17 juil.
- 2 min de lecture
Par la Compagnie de danse Désacorpsdé
Au Théâtre Golovine
1 bis rue Sainte Catherine
à 21h30 du 4 au 24 juillet (relâche les 6, 13, 20)
C'est leur premier Avignon ! Et vraiment, ils ont bien fait de venir ! Ce duo sensuel et intelligent offre à voir et à écouter un travail artistique de grande qualité, autant par une excellente maîtrise technique que par une expression émotionnelle captivante.
Au début, il y avait la femme. La danseuse. Baignée d'ombre et de lumière, par des projecteurs latéraux variables. Ancrée nus pieds dans le sol, développant des mouvements lents, étirés. Un texte en voix off accompagne ses évolutions. Il parle de la peau, cette surface qui appartient à chaque être, qui est à la fois son intimité, et sa liaison sensorielle au monde, à d'autres peaux.
Les mouvements évoluent vers un travail au sol, encore une surface que frôle la peau.
Coline Robert, d'abord formée par le Jazz dès ses 4 ans, a vite bifurqué vers le Contemporain et le Hip-hop. Sa technique est parfaite. Son expression artistique aussi.
La danse Contemporaine a fleuri à partir des années 1970. Les pionniers en furent Isadora Duncan, Martha Graham, Merce Cunningham, Carolyn Carlson. Dans la génération qui a suivi, dans les années 80, la relève a été prise par Philippe Decouflé, Angelin Preljocaj, Jean-Claude Gallotta, Joëlle Bouvier, Régis Obadia, pour ne citer que ceux-là.
La danse Contemporaine ouvre tous les possibles, elle se nourrit d'un perpétuel renouveau, s'enrichit en repoussant toujours les frontières de sa propre discipline.
Dans cette proposition chorégraphique, Pierrot Leras y apporte sa virtuosité de danseur Hip-hop.
Les figures au sol typiques au Hip-hop n 'ont aucun secret pour lui ! Quelle maîtrise ! Quelle puissance dans le mouvement !
Ces deux danseurs se rapprochent, se frôlent, se frottent, leurs corps s'imbriquent dans des figures fluides, puis s'éloignent, chacun se réappropriant sa peau, pour se rejoindre à nouveau dans ces clairs-obscurs magnifiques de la création Lumière de Nino Wadel.
Les voix off enregistrées par Joï et Gérard Leras assurent une constante poétique et philosophique à ce spectacle.
A la danse, il manque souvent la parole, à la parole manque souvent le mouvement.
Cette création PULPIT réunit les deux dans une chorégraphie d'une esthétique parfaite.
Et puisqu'il est question de peau, on peut avouer que ce spectacle de danse donne la chair de poule, tant l'émotion qui s'en dégage, nous touche !
PULPIT est à voir au Théâtre Golovine à 21h30 du 4 au 24 juillet (relâche les 6, 13, 20)
Marguerite Romeuf









Tout est dit dans ce joli texte !
Au delà de la technique de la danse, il y a une force d'interprétation incroyable.
Une danse fluide, sensible, poétique, charnelle. Des textes poignants qui nous prennent aux tripes.
Bref, une petite pépite à découvrir.