Pasolini...Qu'avez-vous fait de moi
- Marguerite Romeuf

- il y a 4 heures
- 2 min de lecture
2026 Festival OFF Avignon
Théâtre Les 3 Raisins
15 rue Thiers
du 4 au 25 juillet à 21h (relâches les 9, 16, 23)

Quelle vie ! Quelle destinée tragique ! Et quel acteur pour pénétrer de façon aussi intime et puissante l'être d'exception que fut Pier Paolo Pasolini. Olindo Cavadini dégage dans cette partition tout son talent !
« Un gato, solo come un gato », dit-il, citant Pasolini. Un chat, seul comme un chat, tel se percevait Pier Paolo, poète, journaliste, peintre, critique d'art, dramaturge, écrivain, acteur, scénariste, cinéaste, et bien sûr réalisateur. Que de compétences et que de talents multiples portés par un seul individu ! Pasolini était fascinant. Olindo Cavadini l'est aussi dans ce seul en scène.
Le cinéma de Pasolini, qui a marqué toute une génération dans les années 1960-1970, a bousculé les conventions, a dérangé les bien-pensants, a fait basculer hors des sentiers battus les concepts établis. L'univers de Pasolini surprend, cru, onirique, produit d'une réalité fantasmée.
Pour ne citer que quelques uns de ses films... « L'évangile selon Saint Matthieu » sorti en 1965, « Uccellacci e uccellini » sorti en 1966, « Théorème » sorti en 1968, « Décameron » sorti en 1971, « Les contes de Canterbury » sorti en 1972, « Salo ou les 120 journées de Sodome » réalisé en 1975 et sorti en France en 1976.
Riche de ses origines italiennes, Olindo Cavadini visite le personnage de Pasolini avec subtilité. Tout y est. Les lunettes noires, la vieille machine à écrire. Son langage corporel est précis. Normal, Olindo Cavadini a été danseur. Acteur, metteur en scène, scénariste, réalisateur, cet artiste complet nous entraîne dans cette Italie des années 60-70, dont Pasolini dépeint à la perfection la substantifique moelle, l'ADN. Sous nos yeux, l'acteur a disparu...il est Pasolini en personne !
Le Pasolini sauvagement assassiné, il le représente dans un tableau suffoquant d'esthétisme et de violence à la fois. Et pourtant tout en pudeur. Eclairés par des lumières clignotantes blanches, les mouvements de l'acteur, de dos, torse nu, fragile, sont saccadés. La violence de l'assassinat est sublimée par cette image poignante.
Le corps de Pasolini fut retrouvé, martyrisé, abandonné dans un terrain vague tout près de la plage d'Ostia, non loin de Rome. Le meurtre eut lieu en 1975. L'Italie en fut consternée. Le monde de l'Art venait de perdre un créateur inégalable.
Et là, Olindo Cavadini, se coiffant d'un feutre et s'enveloppant d'une écharpe, devient sous nos yeux Alberto Moravia aux obsèques de Pier Paolo. Moravia, écrivain et journaliste, rendit un hommage funèbre à son ami, dans lequel il dit :
« Une société qui tue ses poètes est une société malade. »
Marguerite Romeuf
De et avec Olindo Cavadini
Conception musicale : Léonard Cavadini









Très beau regard sur l'œuvre exposé. .