Monstre moi
- Nadine Eid

- il y a 12 heures
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Monstre moi
Théâtre de l’Oriflamme
3- 5 rue Portail Matheron Avignon
Festival Off du 4 au 25 juillet à 20h35
Relâche les jeudis 9 16 et 23 juillet
Durée 1h10


Une pièce entre les mains présente …
Nos prisons détiennent des corps de prisonniers, leurs esprits sont ailleurs, enfermés dans des enfances sacrifiées.
N Eid
10 doigts pour saisir l’essentiel en moins de 10mn
L’autrice Laëtitia Leroy s’est inspirée, pour cette écriture, des tueuses en série notamment de l’infirmière Jane Toppan, née Honora Kelley (abandon du père). En 1901 elle avoua 31 meurtres et avec son palmarès, elle figure encore aujourd’hui parmi les tristes records.
La psychiatre France Quint doit expertiser Alina Warnant arrêtée pour des crimes en série.
Son rôle est celui de tenter de percer les mystères des motivations de sa patiente/cliente ou cliente/patiente ; il s’agira de se positionner plus tard.
Les questionnements sur la détermination par les origines, sur la responsabilité de l’acte et sur les motivations invoquées ou tues sont au coeur du lien entre la tueuse et son psychiatre .
Etrangement dès le début de cet entretien ou plutôt de cette consultation, le rapport est biaisé et la psychiatre plus que de vouloir entendre, cherche à questionner comme le ferait un enquêteur de police. Elle a besoin de connaitre le passé de sa cliente afin de savoir ce qui a pu l’entrainer à commettre ces crimes.
Singulièrement encore, ses questions se dirigent assez rapidemment vers une recherche de faits qui pourraient servir pour plaider l’irresponsabilité et son rôle de psychiatre-enquêtrice se triple de celui d’avocate.
La complexité de sa tâche réside dans ces trois axes de positionnements : chercher, comprendre, défendre un diagnostic à l’aide d’arguments imparables qui valent preuve de responsabilité ou d’irresponsabilité. La charge de son rôle est énorme.
Parallèlement, la psychiatre connait dans sa vie un moment de crise aiguë face à la déliquescence de sa relation amoureuse avec une compagne qui lui reproche son non-engagement.
La mise en scène de Laetitia Leroy n’oppose pas mais juxtapose deux lieux qui normalement s’oppose. La prison et le lieu d’habitation familiale. Or il semble que dans la vie de France quint,
sa maison n’est pas le refuge escompté et souhaité après une journée de travail souvent difficile émotionnellement. En effet les reproches insistants et nourris d’arguments irréfutables la place devant le constat de son dysfonctionnement dans son couple.
Au fil des entretiens, les liens évoluent vers un basculement lié à l’emprise insidieuse que la tueuse exerce sur sa psychiatre..
Les barrières du transfert sont pipées immédiatement et la patiente amène sans difficulté la psychiatre où elle souhaite la conduire. Le lien entre l’homosexualité partagée et le désir tue le contre-transfert. Un crime de plus.
Le décor minimaliste est identique pour le lieu carcéral ou le foyer de France Quint. Trois chaises, une table, un plateau rehaussant le plateau d’un sol liseré de néon blanc. Le bien et le mal, une structure schizomorphe clivante. La troisième chaise questionne en creux la suite ou le résultat : son diagnostic-verdict. Intéressant de voir que, plusieurs fois, Alina invite France à changer de chaise et ainsi à se rapprocher d’elle mais aussi à se placer au centre de la scène. Les rôles peuvent s’inverser, tout est affaire finalement de place acquise.
Il suffit de si peu, un petit déplacement pour que le monstre en nous ne devienne monstre-moi.
Chloé Angevin et Clara Hertz investissent pour l’une deux rôles et pour l’autre un rôle à facettes.
Elles ont une justesse de rôle remarquable et le suspens du thriller envahit L’Oriflamme.
La fin cependant excentre notre plongée dans ce huit-clos et nous perd dans une vision de dessins, à dessein peut-être, de paroles qui se mêlent en écho…les mots parlent sexe, sentiments, mort… …
Difficile de faire un 7 lettres avec les 102 jetons éparpillés sous nos yeux. La partie avait pourtant été excellente.
Nadine Eid
Gageure de réaliser au théâtre un thriller psychologique.
Une rare intensité de justesse de jeu.
À voir
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Monstre moi
Mise en scène Laëtitia Leroy
Interprétation Chloé Angevin
Interprétation Clara Hertz
Création lumière Jacques Lainé
Musique Alexis Vanderhaegen
Musique Carl
Photographie Lisa Sotiropoulos









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