Michi
- Nadine Eid

- 10 juil.
- 3 min de lecture

Théâtre Transversal
10 rue Amphoux Avignon
Festival Off 2026 du 4 au 25 juillet à 15h50
Relâche les mercredis 8 15 et 22 juillet
Durée 50mn

Ecritouilles d’Avignon
à l’usage des pressés
et des fatigués
Inspirée par le manga Attack on Titan, Michi de Stephy Tsui Hui Man, renvoie l’agression à sa cause. Le personnage est une lutte.
Ses dessins sont ses desseins qui eux, sont des exploits à réaliser, des défis à vaincre et ce n’est pas une charade…
Le premier tableau est sublime. Après avoir dessiné sur un mur de papier, une enfant aux allures d’adolescente va faire de ce mur un rempart ou un carcan, c’est selon. Elle incorpore - lire met sur son corps et pas que - fait sienne la feuille et déploie dans et avec elle une danse de tentative de désappropriation ou de rejet puissamment symbolique. Les gestes qui s’y dessinent au-dessous sont des inflexions, des soubressauts, des évidences à considérer en protubérances de moule car, en creux, un personnage, enfoui sous ce papier chargé d’imaginaire et de désir, est caché, comme dissimulé et pourtant immensément présent. Il souffre.
Le non-dit parle, le dissimulé est révélé et la souffrance se dessine dans l’estompé d’une révélation malgré elle, d‘une confession esquivée mais qui signe l’aveu.
Le cri, bouche morte de silence parle la douleur.
C’est un moment exquis d’intensité pure où l’artiste s’exprime dans l’interprète.
En cachant elle révèle l’enfoui et, au présent, dans la lutte, le tu et les peurs à venir qui vont l’amener à défendre, à se défendre, à vivre. Le dessin initial nous guide vers une lecture analytique. Les flots, les oiseaux marins et leurs cris, un mont au loin qui surplombe les flots et de ce mont des forces telluriques qui se jettent dans la mer. La topique freudienne - La Ça , le Moi et le Surmoi- bien lisible dans le dessin, est mise en lumière superbement avec la grande feuille.
S’en extirper et se sauver est une autre affaire et tel Héraclès se dépèce de la Tunique de Nessus, elle s’extirpe de son propre piège schématisé par le dessin-dessein.
Le deuxième tableau est amené par un fil d’Ariane qui n’en est pas un, aux allures de serpent tentateur. Il apparait, au personnage, au sortir de ce premier exploit comme un adjuvant mais il s’agit d’un noeud borroméen lacanien avec le Réel, le symbolique et l’Imaginaire.
Le défi est de taille, il s’agit de prime abord de démêler ce sac de noeuds, ces cordages d’une Nef des fous encore plus barrée que celle de Jérôme Bosch. L’épreuve est soumise à un handicap, celui du temps. Un minuteur au bruit de métronome place l’héroïne sous la pression constante de l’urgence. Les faux entrelacs résistent, elle requiert même de l’aide, en vain et ses interjections d’épuisements rencontre la faiblesse et la rage de voir se profiler les impossibles ou du moins ce qui est perçu comme tels. L’échec peut aussi être une victoire pour accéder au Graal. L’épreuve est à surmonter pas à gagner.
Le troisième tableau amené par un fondu au noir nous la présente assise sur une chaise ligotée par des liens de fer qui lui entravent ses bras dans un embrassement personnel.
À ses pieds, un verre et une bouteille emplie d’eau, la vie. Elle boit, répond au téléphone rouge sang, stoppe ses alarmes, communique avec Elle puis sort simplement des ses propres rets au terme d’une analyse.
Avec une belle énergie, une mise en scène efficace Stephy Tsui en un temps record parvient à transmettre l’essentiel de nos quêtes.
Nadine Eid
À Voir
Un moment fort
Un travail très interessant
Une Artiste à suivre
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Michi
de Stephy Tsui Hiu Man
Stephy Tsui Hiu Man - interprétation
Ray Lam - Création son
Sunfool Lau - Création lumière
Man Lee - Collaboration artistique
Stephy Tsui Hiu Man - Conception
Origine Hong Kong










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