GIRLS & BOYS
- Marguerite Romeuf

- 17 juil.
- 2 min de lecture
de Dennis Kelly
Les 8 et 15 juillet à 19h
Théâtre de L'Adresse au 2 Av. de La Trillade

De façon générale, les pièces écrites par l'auteur anglais Dennis Kelly sont percutantes. GIRLS & BOYS ne déroge en rien à ce qualificatif !
Dennis Kelly, cet auteur de 55 ans, a l'art de visiter l'âme humaine, ses contradictions, ses secrets, ses débordements, sa complexité en somme avec un grand talent et une non moins grande ouverture d'esprit. Chez lui le tout est possible, envisageable, probable...(pour reprendre des qualificatifs chers à Jean-Luc Lagarce).
Dans GIRLS & BOYS il nous promène au fil d'une jolie rencontre amoureuse, dans l'intimité d'une jeune femme devenue maman, qui éduque avec respect et amour son fils de 4 ans et sa fille un peu plus âgée. La jeune fille qu'elle était, un peu pommée, a fait la rencontre de celui qui deviendra son époux dans un aéroport en partance pour Napoli. Sa toute première impression est négative, il lui déplaît. Ne dit-on pas qu'il faut toujours se fier à sa première impression ?
Puis un événement cocasse, fort bien relaté par la comédienne, finit par la charmer.
Leur idylle se conclut par un mariage et la venue au monde de deux beaux enfants. Une jolie famille s'est constituée.
En adresse au public, cette jeune mère, interprétée par Noémie Nicoloso, se raconte, interrompue par moments par ses jeunes enfants, tout du moins par des souvenirs de leur petite enfance.
Des injonctions éducatives, banales chez une maman, constituent le principal de leurs échanges.
La création Lumière souligne ces souvenirs d'une lueur bleutée, très froide, à l'opposé du reste du récit, des confidences, éclairé par une chaude lumière jaune.
Cette jeune femme parle toujours de son mari à l'imparfait. Pourquoi ?...
Serait-elle veuve ?...
Techniquement, les ruptures sont bien amenées dans le jeu de l'actrice, toujours soulignées par la lumière qui change, et par des déplacements à l'intérieur d'un rectangle au sol. Ce grand rectangle, symbolisant le foyer, entre autre, en tout cas l'aire de jeu de la comédienne.
L'espace est organisé à l'intérieur de ce rectangle au sol : au centre un fauteuil blanc, devant lequel s'étend un petit tapis pour enfants où apparaissent des routes, à côté du fauteuil, posée, une petite panière de linges blancs, complètement à Cour une lampe blanche sur pied, et au-devant un gros éléphant en peluche.
A l'extérieur de cet espace, complètement à Jardin, une table genre table de camping avec une cafetière expresso rouge et un autre objet blanc posé à côté. C'est dans cet extérieur à son foyer que la jeune femme ira créer sa propre entreprise. Les symboles sont explicites.
Ce concept d'espace délimité sur le plateau par des rubans collés au sol, on l'attribue notamment à E.Gordon Craig, Adolphe Appia, Erwin Piscator, Jacques Copeau, Max Reinhardt, et Bertolt Brecht. Il est souvent utilisé en théâtre contemporain.
Ce seule en scène est brillamment porté par Noémie Nicoloso.
Dans un jeu délibérément en distanciation, elle entraîne le public dans l'histoire de son personnage avec talent et la juste dose d'émotions.
Cette pièce à suspense trahit avec bonheur tout le talent de son auteur ! Et l'on peut lui souhaiter nombre d'autres représentations !
Texte : Dennis Kelly
Avec : Noémie Nicoloso
Marguerite Romeuf









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