Sur les ailes de Darwin
- Nadine Eid

- 7 juil.
- 3 min de lecture
par Les Chanteurs d’Oiseaux
Présence Pasteur 13 rue du Pont de Trouca Avignon
Festival Off 2026 du 4 au 25 juillet relâche les jeudis 9 16 et 23 à 20h15
Durée 1h


Une pièce entre les mains présente …
10 doigts pour saisir l’essentiel en moins de 10mn
Darwin est chanceux, sa théorie l’a échappée belle…
Deux drôles d’oiseaux aptes à en imiter de nombreux se frôlent, se répondent, rivalisent, bref communiquent.Tous deux ont des chorégraphies de chauve-souris.
Johnny Rasse et Jean Boucault sont originaires de la Baie de Somme. Abusivement nommée, elle est plus exactement un estuaire, un espace naturel protégé et un haut lieu ornithologique.
Entre eux, un point commun, cette aptitude à produire avec leur corps des sons, des cris, des chants d’oiseaux et des mimétismes corporels bluffants. Ceux-là supposent des heures d’écoute, de guets, d’observations, de tentatives réitérées à souhait jusqu’à ce que, d’hommes à oiseaux, un langage s’instaure.
Reproduire des chants ou des cris d’oiseaux nous l’avons tous tenté - et la période du confinement-covid a permis d’autres modes de connexion notamment avec les oiseaux plus proches des hommes, ou l’inverse, devenus plus familiers pour eux ou plus attentifs pour nous par les bruits disparus des villes et des campagnes en quarantaine. Mais, parvenir à formuler, à dire au delà, à montrer ce qu’ils ont pu observer, épier et transmettre, passe outre l’imitation.
Une passion commune et du talent les unissent.
Un complice, Pierre Hamon et ses drôles d’instruments : mâchoires d'âne, os de vautour, flûte en bambou, litophone, conque, est à leur côté. Ça sent les pistes en brousse ou, en forêts, les postes d’observations ankilosants, l’approche, le rencontré ensemble et le partagé heureux des découvertes.
La bande-son se mêle comme par magie au langage des deux oiseaux, l’enchanteur et sa flûte coordonne et conserve le lien avec l’humain. La pianiste Lidija Bizjak endosse le rôle d’Emma Darwin et tisse le fil du spectacle avec les nocturnes de Chopin. Son interprétation crée un décor sonore dans et sur lequel vont se développer les performances corporelles et vocales des hommes-oiseaux.
Tout est ancré dans une présence physique et une conscience profonde de la nature environnante qui, tournées au ciel vont symboliquement se libérer de l’apesanteur.
Du tellurique aérien ! Comme un élan pris sur un élément connu, le sol, pour aller vers un ailleurs désiré ardemment, l’air et le vol, les mouvements ne sont plus gestes mais invitation à voir autre et autrement.
La fluidité des sifflements et le brio des trilles n’ont d’égales que l’agilité de leurs corps dans des déplacements ailés d’une rapidité stupéfiante.
Ces choix, augurons que le film à venir, les mettent aussi hauts en vol que leur piétements les confinent au sol, à notre échelle de terriens bipèdes, tristement admiratifs de leur expériences.
Une suggestion peut-être, que les informations sur les espèces soient remplacées ou floutées par des départs encore plus hauts, plus éloignés de nous, plus mystérieux.
Il suffit juste d’entendre ces sifflements, de voir des corps devenus autres en prenant ailes et corps pour partir et voler avec eux. Encore … En corps …
Absolument autre !
Déconcertant et enchanteur.
Se laisser emmener…
Nadine Eid
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Sur les ailes de Darwin
par Les Chanteurs d’Oiseaux
d’après un idée originale de Johnnny Rasse et Jean Boucault
inspirée par Les Carnets de Voyage de Charles Darwin
Collaboration artistique Joan Mopart
Interprétation Johnny Rasse et Jean Boucault
Accompagnement au piano Lidija Bizjak
Accompagnement à la flute Pierre Hamon
Collaboration scientifique Guillaume Lecointre
Création lumière et vidéo Benoit André
Contact Presse Denis-Sublet-Suti Agency









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