Nous, les petits enfants de Tito
- Marie-Christine Vaxelaire

- 10 juil.
- 2 min de lecture
Festival Off Avignon 2026
11.Avignon, Espace Mistral,
11 boulevard Raspail.
Du 4 au 25 juillet 2026 à 11H15. (relâche les 10 et 17 juillet)

Il y a des spectacles qui racontent une histoire. Et puis il y a ceux qui réveillent une mémoire, même lorsqu'elle n'est pas la nôtre. Nous les petites enfants de Tito appartient à cette seconde catégorie. La pièce nous entraîne sur les chemins accidentés de l'exil, de l'enfance et de la quête d'identité.
Le récit s'ouvre sur la fuite d'un jeune garçon et de son père quittant une Yougoslavie qui n'en a plus pour longtemps le nom. Enfant nourri des promesses d'un ailleurs idéalisé, il imagine Paris, la tour Eiffel, la ville des possibles. C'est pourtant dans une cité de Seine-Saint-Denis que son histoire se poursuit. Ici, pas de carte postale, mais le béton, les tours, les terrains vagues et une jeunesse livrée à elle-même.
La question que nous pose d’emblée Simon Pitaqaj est celle de comment devenir un homme, et surtout quel homme ?
Car dans sa banlieue, se croisent des enfants venus de tous les horizons, chacun porte une histoire différente mais partage une même géographie sociale. Leur seul territoire commun est ce morceau de bitume où s'inventent des amitiés, des rivalités, des solidarités fragiles.
Avec une fraîcheur désarmante, une fragilité violente et bouleversante et cette susceptibilité propre aux adolescents dont l'avenir semble déjà rétréci, ils cherchent leur place dans un monde dont ils ne maîtrisent pas les codes. La pièce parle aussi des promesses non tenues, celles d'un exil censé offrir une vie meilleure, un avenir qui tarde à se dessiner. Elle explore aussi la perte de confiance en les adultes, les parents qui ont promis.
Le spectacle interroge ce besoin universel d'appartenir. Comment être accepté lorsque tout, de la langue aux habitudes, vous désigne comme étranger ? Comment construire son identité lorsque le pays que l'on porte en soi a disparu des cartes ? La chute de Tito n'est jamais abordée comme un simple événement historique ; elle devient le symbole d'une mémoire éclatée, d'un territoire morcelé où les contes, les légendes et les souvenirs circulent désormais entre plusieurs nations.
Le travail corporel impressionne par sa précision et son élégance. Chaque geste ponctue la parole, chaque déplacement raconte autant que les mots. La musique intervient comme une respiration, soulignant les émotions. Ensemble, texte, mouvement et composition sonore construisent une partition virevoltante, étonnante, drôle et tragique.
Je ne veux pas en dire plus sur ce spectacle étonnant, Je vous incite chaleureusement, à découvrir cette authentique pépite du festival OFF 2026
Marie-Christine Vaxelaire
Mise en scène et interprétation Simon Pitaqaj
Création son A. Delannoy.









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