Nos premiers pas
- Marguerite Romeuf

- il y a 8 heures
- 3 min de lecture
NOS PREMIERS PAS
A L'Atelier Florentin au 28 rue Guillaume Puy
du 4 au 25 juillet à 20h25 (relâche les 8, 15 et 22)

Quel texte !
Quelle comédienne !
Que d'émotions !
Que c'est beau !
Dans cette écriture inspirée de l'autobiographie de Caroline Susa, Déborah Krey révèle son immense talent de dramaturge. La jeune comédienne Emilie Bougard, par sa technique théâtrale et sa magnifique énergie porte le texte encore au-delà, lui insufflant des flots d'émotions !
La première image offerte au public est saisissante de beauté ! Un immense écran de tissu blanc cassé, suspendu au centre du plateau, s'étire jusqu'au sol, troué d'un rond lumineux, rappelant les vieux films muets, mais aussi la présentation des James Bond. En ombre chinoise, de dos, coiffée d'un feutre et portant une longue veste, on devine la comédienne. Le choix d'une telle esthétique en ouverture de la pièce promet un spectacle d'une grande qualité...
Puis surgit Emilie Bougard de derrière cet écran, vive, animée d'une belle énergie. Son costume de scène, une fois la longue veste et le feutre accrochés à un cintre suspendu à Jardin, révèle la simplicité voulue du personnage dans son enfance et sa jeunesse. Un être spontané, plein de vie, difficile à canaliser, en famille comme en milieu scolaire. Elle porte un jeans et un tee-shirt noirs.
Tantôt la voilà qui s'adresse à nous, public, comme on parlerait à un voisin ou une amie. Tantôt elle s'adresse à lui. Mais qui, lui ?
« T'étais déjà là ? » lance-t-elle. « Tu te prends pour un prodige, hein, t'es qu'une erreur, un dysfonctionnement ! »
Mais de qui s'agit-il ? Et pourquoi cette agressivité lorsqu'elle lui parle ?
Le suspens est maintenu. C'est peu à peu, en concomitance avec l'évolution de sa vie et l'avancée dans l'âge que nous sera révélé le personnage à qui elle s'adresse, cet intrus qui s'est invité dans sa vie et qu'elle finit par nommer Patrick. « Je te donne cette humanité que tu ne mérites pas » lui dit-elle. Et pourtant « tu m'infliges les attitudes d'une personne qui boit trop ! J'ai 37 ans, putain ! »
Et de lui chanter à cappella « imposteur, dans ma peau, tu es de trop ! »
Cet imposteur, c'est la maladie de Parkinson, rarement déclarée chez une personne jeune.
Dès lors la comédienne va nous faire vivre tout le cheminement des états d'âme de son personnage, depuis la crainte des résultats des examens médicaux jusqu'à la colère, la révolte, la peur, puis l'acceptation et la résilience. Dans cette interprétation Emilie Bougard est brillante !
Les émotions, elle nous les communique.
La création Lumière et la bande son soulignent à merveille les situations évoquées.
Tout, dans cette pièce, est épure. La scénographie, le costume, les accessoires réduits à la symbolique minimum, un petit bureau et une chaise en bois à Cour, et une valise posée à Jardin, sans oublier ce majestueux écran blanc central. La pièce repose sur la qualité du texte, et sur le jeu de l'actrice qui le porte. Un acte théâtral pur ! Tel que le préconisait Peter Brook.
Un joyau à découvrir dans ce Festival Off à 20h25 !
à L'Atelier Florentin au 28 rue Guillaume Puy
du 4 au 25 juillet (relâche les 8, 15 et 22)
Texte : Déborah Krey
Adaptation du récit autobiographique de : Caroline Susa
Mise en scène : Déborah Krey et Marion Llop
Avec : Emilie Bougard
Création musicale et sonore : Fabien Susa
Création Lumière : Mélissa Gouillard
Création bande audio : Jeff Fernandez
Marguerite Romeuf









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