Les gestes d'Après
- Nadine Eid

- il y a 4 heures
- 3 min de lecture
L’Artéphile Théâtre
7 rue du Bourg Neuf Avignon
Off 2026 du 4 au25 juillet à 17h20
Durée 55mn


Une pièce entre les mains présente …
10 doigts pour saisir l’essentiel en moins de 10mn
L’affiche du spectacle est une promesse. Sans contour, elle laisse toute latitude à imaginer et voir. Sans montrer, elle souligne.
Sans prononcer le mot, la comédienne nomme de sa chair l’abus.
N. Eid
Le regard qui ouvre le spectacle est celui d’une femme qui impose sa présence charnelle. Il émane de son corps un calme attentif et une ébauche de sourire énigmatique.
Coralie Emilion-Languille, prononce avec certitude et sérénité des mots amis puisés dans une langue métaphorique. Entre elle et sa langue, son corps est prêt à exprimer ce qui l’habite.
Elle sait et vit, elle vit mais sait.
Il y a des strates de compréhension qui émergent et ses pas sont des jalons posés au fur et à mesure d’affirmations en émergences.
Au sol des copeaux terre de sienne mordorés par une sublime lumière. Au centre du plateau, un monticule semblable à une sépulture sommaire. Ses pas dessinent des lignes qui désorganisent l’uniformité du sol jonché par un tapis d’ébarbures. Les ébarbures, ces déchets qui peuvent être utilisés, brûlés, elle les foule. Elle profane le monticule, elle défait. Elle crame avec une incandescence d’être en certitude enfin. Elle sait.
Elle est appliquée à une tâche, elle parait déterminée. Elle sait ce qu’elle doit faire et s’y emploie avec paix et méthode. Elle est calme, assurée dans ses gestes et mouvements. Le rythme est sien, mesuré par sa puissance à être dans l’instant pleinement là, ici, au monde. Elle sait et balaie de son pied l’innommable qu’elle ne tait plus. Elle ne le nommera pas. Elle deviendra vivante, sera joie et Elle. Sans. Joie, vie indissociablement. Elle.
Elle est lumière et sens mais elle tourne en rond dans la souffrance à projeter. Elle fait sens de son corps et les copeaux de bois, doux scories qu’elles projettent, vont l’aider. L’extraordinaire création lumière accueille les sons et là, la nature de l’instinct ébauche une lecture probable. Les animaux lui murmurent les secrets qu’elle peut écouter enfin et entendre vraiment. Au delà de toute raison, un lien organique qu’elle sait de son corps, l’apaise. Elle trouve dans les paroles des oiseaux le souffle de l’aide qu’elle n’a jamais eu et a enfin.
Image subliminale dans des tons violets, mais chut…elle est au centre de son monde-plateau et de son sur-jupon, chrysalide forte des fragilités resurgies, elle défroissent ses ailes.
Elle coupe les liens du masque suspendu au coeur du plateau. Il a toute les qualités d’un bouquet nuptial. Il est bouquet, elle le porte au visage. Ce qu’elle fera ensuite est indicible et ce sera à vous de l’écrire tant la scène est foudroyante. L’indicible comme l’innommable n’a pas de mots, elle a trouvé une langue autre, tellurique, animale, au coeur du Ça.
Le public et les oiseaux l’entendent.
Nadine Eid
Tellurique comme une harde de sangliers.
Une langue corporelle libérée.
Rare et précieux.
Une mention spéciale à la lumière et au son.
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Nadine Eid
Les Gestes d’Après
de Coralie Emilion-Languille
Avec Coralie Emilion-Languille
Mise en scène Benjamin Georjon et Coralie Emilion-Languille
Scénographie Laure Montagné
Création lumière Gaspard Gauthier
Création univers sonore Arnaud Vernet-Le Nain
Création costumes et masque Gwendoline Grandjean
Collaboration artistique Coraline Lamaison
Regard chorégraphique Mathias Dou









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