La Visite
- Paul
- il y a 3 heures
- 2 min de lecture
Au Studio Hébertot PARIS
Les lundis et mercredis à 21h.
Du 9 février au 1er avril 2026
Crédit Photos Julie Berkovicz
La Visite, une comédie sincère sur la maternité
Une jeune mère y reçoit sa famille et en profite pour déconstruire, avec humour et lucidité, le fantasme de l’idéal maternel.
La scène s’ouvre sur un moment apparemment banal : des proches viennent voir le nouveau-né, qui, lui, dort encore tandis que sa mère ne ferme pas l’œil. Face à ces visiteurs qui semblent surtout là pour le bébé, le personnage se lance dans un monologue où l’épuisement, la peur permanente qu’il arrive quelque chose et le sentiment d’être devenue uniquement « maman » percent avec humour et justesse.
Le spectacle révèle l’écart entre l’image idéalisée de la maternité et sa réalité quotidienne. L’instinct censé être naturel, la facilité attendue, autant d’idées reçues que le texte déconstruit avec ironie. Le rire surgit régulièrement, parfois nerveux, toujours lucide, et fait écho à cette situation absurde : comment continuer à exister en tant que femme quand tout semble désormais tourner autour d’un berceau ?
Dans ce seule en scène, Clara de Gasquet tient le plateau avec une intensité progressive. Son jeu épouse les variations du texte, léger et complice au début, de plus en plus tendu à mesure que le personnage vacille. La mise en scène de Raphaëlle Cambray installe l’action dans un intérieur pensé comme un cocon, scénographié par Morgane de Ponsay, où chaque détail rappelle la présence constante de l’enfant. Les lumières d’Antonio De Carvalho accompagnent l’immersion et cette montée en tension.
Au-delà de la satire sociale, La Visite touche à l’intime, le vertige d’une responsabilité nouvelle et l’amour immense qui cohabite avec le doute. Le spectacle ne juge pas, il expose, et dans cette exposition sincère, il offre une parole rarement entendue sur scène : drôle, juste et profondément humaine.
Newton GEORGES
d'Anne Berest
avec Clara de Gasquet
mise en scène de Raphaëlle Cambray
Lumières: Antonio De Carvalho















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