La Stupéfaction
- Fanny Inesta

- il y a 24 heures
- 2 min de lecture
Théâtre du Balcon
Rue Guillaume Puy Avignon
le 31 Janvier 2026 à 17h
Le 1er février 2026 à 16h

Un spectacle en forme de thérapie collective, où trois corps fatigués tentent, tant bien que mal, de se remettre debout.
Peter, communicant surmené, rattrapé par un AVC, Frédérique, professeure de lettres, vidée par le burn-out, Mathilde enfin, jeune femme murée dans le silence après une relation toxique. Tous trois se croisent dans un centre de soins où l’on promet la réparation de soi, sinon la guérison.
Le dispositif scénique est volontairement minimal : des néons mouvants, trois chaises de parole, des cloisons froides. Assez vite, une forêt réelle ou fantasmée s’impose comme un refuge possible. On y enlace les arbres pour mieux se retrouver. On y propose des exercices physiques et expressifs censés libérer la parole et remettre le corps en mouvement.
Respiration, jeux de rôle, gestes répétés : la pièce déroule, souvent avec humour, les rituels contemporains du mieux-être. L’intention oscille entre sincérité et légère caricature, sans jamais se moquer franchement.
Le propos touche juste, et parlera sans doute à beaucoup, enseignants épuisés en tête. Pourtant, il peine à surprendre. Tout cela a un parfum de déjà-vu, de déjà-entendu. La critique du stress, de la performance à tout prix, des violences sourdes du quotidien est connue, balisée. Le jeu des comédiens hésite entre émotion et comique, sans trancher vraiment. Là où l’on aurait aimé un pas de côté plus radical, plus grinçant ou plus poétique, le spectacle reste sage.
Partis d’un isolement , chacun replié sur sa propre faille, les personnages s’engagent peu à peu dans un lent mouvement de dégel. Le groupe devient un appui possible, le regard de l’autre une béquille fragile. Ce qui était tu trouve enfin à se dire. La parole circule, restaure une confiance hésitante, face à l’autre comme face à soi-même. Jusqu’à esquisser, pour certains, une sortie du Centre qui ressemble à une promesse lumineuse sinon une guérison, du moins une réconciliation provisoire avec le monde.
Reste un spectacle animé de bonnes intentions et porté par une réelle humanité. Mais à force de prudence, il laisse le spectateur un peu en suspens. À l’image d’une séance qui apporte un certain apaisement, sans toutefois affronter pleinement les blessures.
Fanny Inesta
Compagnie 7e ciel
Ecriture et mise en scène : Marie ProvenceDramaturgie : Pierre Chevallier et Thomas PondevieJeu : Christelle Saez, Leslie Granger, Florent CheippeCollaboratrice artistique : Florine MullardScénographie : Claudine BertomeuCréation lumières : Sébian FalkCréation sonore : Sylvain MontagnonCréation costumes : Virginie BregerAssistante costumière : Kira Berthoux-Sturm









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