Je Suis
- Fanny Inesta

- 6 juil.
- 2 min de lecture
2026 FESTIVAL OFF AVIGNON
Théâtre du Rempart
du 4 au 25 Juillet à 14h50

Ne cherchez pas à réserver durant ce festival, ils affichent déjà complet!
La première image ne cherche pas l’effet. Des corps entrent en scène, recouverts de drapeaux qui ressemblent moins à des symboles qu’à des peaux imposées. Très vite, Je Suis, du Collectif Evolves, s’attaque à ce que les regards fabriquent avant même que les corps ne s’expriment : les catégories, les assignations, les préjugés.
Des phrases surgissent. Des remarques ordinaires, presque banales, et pourtant insistantes : un prénom jugé « pas assez français », une remarque sur une couleur de peau, une manière de rappeler à quelqu’un qu’il n’est pas tout à fait à sa place. La danse prend alors le relais, non pour illustrer, mais pour répondre.
Valentin Genin enlève son tee-shirt. Son corps massif, longtemps perçu comme incompatible avec la scène, devient le centre du plateau sans chercher à s’imposer. " Je ne suis pas qu’un corps ", dit-il, après coup, comme si la phrase venait simplement confirmer ce que l’on vient de voir.
Plus loin, une danseuse évoque les " trop" et les " pas assez " répétés depuis l’enfance , trop de cuisses, trop petite, pas dans les normes. Une autre raconte une injonction plus sourde : la danse ne serait pas un métier, il faudrait choisir quelque chose de sérieux. Rien n’est appuyé, mais tout est reconnaissable.
Adrien Tan , d’origine asiatique, occupe lui aussi l’espace sans démonstration, dans une présence simple, affranchie des clichés qui l’accompagnent ailleurs.
Ce qui traverse le spectacle, au-delà des récits, c’est une forme de joie. Celle d’être là, ensemble, malgré ce que l’on a tenté d’enfermer dans des définitions. La danse circule, se partage, transforme les récits plus qu’elle ne les illustre.
Et puis il y a ce dernier moment, très simple : l’enfant du danseur, tout juste debout, vient se blottir contre son père. Le geste est minuscule et pourtant tout s’y condense. Il applaudit, maladroitement, rejoint aussitôt par la salle. Une image sans effet, mais qui suffit à dire quelque chose de la scène, et de ceux qui l’habitent.
Fanny Inesta
Le collectif arlésien Evolves (Sarah Genin, Iris Picard, Valentin Genin et Adrien Tan) présente leur création collective Je suis









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