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Florent Oiseau, Ma Gloire

  • Photo du rédacteur: Fanny Inesta
    Fanny Inesta
  • 13 mai
  • 3 min de lecture

Casa Bronzini

13 Place de l'Horloge Avignon

Mardi 12 mai 2026 à 19h




Cette soirée littéraire dans le cadre chaleureux de la Casa Bronzini Avignon et en compagnie de Florent Oiseau nous a laissé l’impression d’avoir passé un moment profondément humain.

Encore une fois, Nathalia Brignoli a mené la rencontre avec beaucoup de finesse. Elle excelle dans cet art de l’animation qui consiste à faire oublier qu’il y a une animatrice. Elle a su laisser toute la place à Florent Oiseau, tout en donnant au dialogue son rythme, sa chaleur, son relief. Une conversation comme une promenade où l’on avance sans voir le temps passer et, qui prenait des airs de flânerie nocturne dans Paris.

Florent Oiseau intrigue immédiatement. Comment cet homme si simple, si peu soucieux de se fabriquer un personnage d’écrivain, est-il devenu cette voix singulière de la littérature contemporaine ?

Il nous parle de ses anciens travaux alimentaires sans la moindre mythologie du « poète maudit ». Pompiste, plongeur, ouvrier, réceptionniste de nuit ...chez lui, les métiers ne sont pas des anecdotes de quatrième de couverture, mais une véritable école du regard. Il a observé les gens avant de les écrire. Puis un jour, il a décidé « qu’il fallait s’y mettre » Écrire sérieusement. Sans calcul de carrière, sans stratégie littéraire, mais avec une tendresse pour les êtres fatigués, les rêveurs un peu cabossés et les magnifiques perdants du quotidien.

Son dernier roman, Ma gloire, paru chez Gallimard, prolonge cet univers. Les extraits de texte présentés pendant la rencontre en donnaient d’ailleurs un bel aperçu . On y découvre un narrateur alcoolique et heureux de l’être , nuance essentielle chez Florent Oiseau ,qui « vit de petits trafics », passe ses journées dans les bars et arpente un Paris populaire, comme le plus petit cimetière de Paris,niché dans un de ses arrondissements.

Et justement, sa “Gloire”, ce ne sont ni les prix ni les honneurs. Sa gloire, ce sont les deux femmes qu’il aime : son épouse et leur fille Lune, dix ans. Deux présences qui tentent de maintenir debout cet homme flottant.. Mais à force de nonchalance, d’excès et d’échappées nocturnes, elles s’inquiètent. Parviendront-elles à le sauver de lui-même ?

Ma gloire pose alors des questions plus profondes qu’il n’y paraît : à quoi sommes-nous loyaux ? Que choisissons-nous vraiment dans nos vies ? Et surtout, quelle place occupons-nous dans le monde ? Florent Oiseau les aborde avec sa plume poétique, fantasque, pleine d’humour et de mélancolie. il poursuit son exploration des gens de l’ombre ,ceux qu’on croise sans les voir.

Et puis il y a ce bar parisien auquel l’auteur reste fidèle, presque amoureusement fidèle. Un lieu refuge,un poste d’observation du monde, presque un bureau annexe, où les rencontres, les dialogues et les amitiés nourrissent directement ses livres. Balzac avait ses salons où se retrouvait le gratin littéraire, Florent Oiseau a son comptoir dans le bruit des verres et les conversations qui commencent pour ne rien dire et finissent par parler de tout. Et franchement, c’est peut-être plus vivant.

À un moment, une personne du public lui a demandé s’il rêvait d’un prix littéraire. Il répondit avec humilité et franchise : oui, bien sûr qu’il en rêve. Mais pas pour le succès en lui-même. Pas pour flatter un ego d’écrivain. Pour le côté alimentaire. Parce qu’un prix changerait concrètement sa vie.

Dans cette réponse, il y avait tout Florent Oiseau, un écrivain sans posture, drôle, humain, qui regarde la littérature non comme un piédestal mais comme une manière de tenir debout.

Une soirée délicieuse et sincère, dont on est ressorti avec l’envie de lire Ma gloire, de refaire le monde dans un bar parisien… et peut-être aussi de ralentir un peu!

Et pour terminer, comme toujours, un joli buffet a permis de prolonger les échanges autour d’un verre, dans une atmosphère chaleureuse et conviviale.


Fanny Inesta


Florent Oiseau est l'auteur de cinq romains parus chez Allary Editions

Ma Gloire, son dernier roman est édité chez Gallimard








1 commentaire

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Claude
13 mai
Noté 5 étoiles sur 5.

Quel bel article! Ces soirées me tentent! Je sens que je vais m inscrire !

Bravo pour ce site intelligent et sensible !

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Nous sommes Fanny Inesta et Jean-Michel Gautier, chroniqueurs indépendants et surtout passionnés de théâtre, d’expositions, et de culture en général. A ce jour, nous créons notre propre site, avec nos coups de coeur et parfois nos coups de griffes… que nous partageons avec vous.

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