Camille victime de Claudel Claudel, Frère (s) et soeur


Roman de Frédéric Viguier
Je ne lis jamais les romans d’une seule traite. Je musarde, repose le livre…
Là, pris par la puissance de l’écriture, par un discours à la construction impeccable, j’ai tout mis de côté pour me délecter de cette lecture si richement documentée.
Qui n’a pas, un jour ou l’autre, pris position pour Camille Claudel, cette artiste issue d’un milieu d’artistes et de diplomates, cette femme qui fut la maîtresse d’Auguste Rodin, dont les œuvres, avant son internement, dépassaient par leur maîtrise celles de son maître Rodin ?
Mais Frédéric Viguier introduit une donnée supplémentaire : la psychanalyse, sur les traces de Sigmund Freud.
Ainsi, on a Camille victime de Claudel et Camille victime de Rodin. Camille n’a plus que les pommes de terre comme refuge, dans cet asile du sud de la France, car elle a peur d’être empoisonnée.
Ainsi, on a, d’un côté, les médecins et les psychiatres essayant de trouver un sens au comportement de Camille ; de l’autre, les diplomates, amenant leurs vues originales ; et, enfin, la famille, menée par la mère de Camille, qui ne veut en aucun cas excuser sa fille pour ses comportements dévastateurs et qui n’accordera jamais à sa fille le droit de sortir de l’asile.
Frédéric Viguier signe là un roman d’une réelle puissance, démontrant l’intelligence de la construction du récit et l’utilisation d’une dialectique sans faille.
Au cœur d’un roman où les mots font mouche, où tout concourt à nous faire croire en une réalité qui n’existe pas, le romancier nous promène, donne vie à ses personnages.
Quel plaisir ! On en redemande. On se laisse porter par un récit… plus rien n’existe.
Jean-Michel Gautier









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