C'est pas si grave
- Fanny Inesta

- il y a 1 jour
- 2 min de lecture
2026 FESTIVAL OFF
Théâtre Les Gémeaux
rue du vieux Sextier
du 4 au 25 juillet à 21h20 (relâche les 8,15,22)

Après avoir signé Folies au manoir, une pièce travaillée, drôle et intelligente de Louise Colette, on attendait peut-être de retrouver cette même finesse d’écriture. Avec C’est pas si grave, le virage est plus franchement orienté vers la comédie de boulevard , quiproquos en cascade et personnages pris dans l’engrenage infernal du mensonge.
L’histoire part pourtant d’un ressort prometteur : Marc, médecin, annonce à son meilleur ami Félix qu’il est atteint d’une maladie incurable… avant de découvrir qu’il s’agit d’une erreur de diagnostic. Mais le mal est fait. Charlotte, épouse de Félix et meilleure amie de Marc, se retrouve alors au centre d’une mécanique impossible : cacher la vérité pour protéger son ami, préserver son couple, sauver sa carrière et éviter que Marc ne perde son équilibre professionnel. Un mensonge en appelle un autre, jusqu’à transformer le quotidien en véritable champ de mines.
Le premier acte, installé dans le cabinet médical de Marc, pose les bases de cette spirale avec efficacité. Le second, dans l’appartement chic de Félix et Charlotte, accentue le côté vaudeville, privilégiant le rythme et l’accumulation des situations plutôt que la profondeur psychologique. La pièce assume pleinement son choix : divertir, provoquer le rire, jouer avec les codes d’un genre qui possède son public fidèle.
Mais là où Folies au manoir trouvait un équilibre subtil entre humour, intelligence et observation des caractères, C’est pas si grave s’aventure davantage sur le terrain d’une comédie populaire, plus mécanique, qui séduira surtout les amateurs du genre. Les autres risquent de rester à distance face à une avalanche de rebondissements parfois prévisibles.
La mise en scène d'Olivier Macé privilégie l’accumulation des situations et des effets comiques plutôt que d’explorer pleinement la dimension humaine et psychologique du texte, c'est dommage.
Parmi les interprètes, tous déploient une belle énergie. Tchavdar réussit à tirer son épingle du jeu, même si son personnage volontairement appuyé flirte parfois avec l’excès. Amélie Etasse, elle, mise beaucoup sur l’énergie, les grimaces et la gestuelle comique, une partition qui pourra faire sourire certains, mais qui pourra aussi agacer par son insistance.
Au final, C’est pas si grave est une comédie qui ne manque ni d’efficacité ni d’engagement, portée par une équipe qui croit à son univers. Elle trouvera sans doute son public auprès de ceux qui aiment la comédie assumée et les mécaniques de mensonges en chaîne. Les autres pourront, eux, passer leur chemin.
Fanny Inesta
de Louise Colette
Mise en scène Olivier Macé
Interprétation Tchavdar, Amélie Etasse, Mikael Fasulo, Nicolas Van Bereven
Scénographie Olivier Prost
Lumière Eric Schoenzetter
Costumes Amélie Robert









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