Assemblée Générale de l'Association "Un soir, un auteur"
- Fanny Inesta

- il y a 4 heures
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La Casa Bronzini Avignon
Le 28 Janvier 2026 à 18h
À Avignon, un soir d’hiver où la culture fait de la résistance, l’Assemblée générale de Un soir un auteur avait des allures de petite scène de théâtre documentaire. Pas de rideau rouge, mais les murs hospitaliers de la Casa Bronzini, des membres bien présents, des pouvoirs, quelques absents, et cette impression familière que, décidément, l’engagement associatif tient souvent à un fil. Ou plutôt à une femme !
Nathalia Brignoli, présidente combattante, ouvre la séance par des vœux chaleureux, aussitôt tempérés par un rappel à l’ordre : une trentaine d’adhérents n’ont toujours pas réglé leur cotisation. Dormeurs, réveillez-vous ! La culture associative ne vit pas que d’amour des livres, elle se nourrit aussi de virements bancaires. Fort heureusement, la trésorière, Régine Pilgrim, œil affûté et bienveillance discrète, veille au grain.
Car l’année 2025 fut rude. Très rude. Malgré une énergie quasi athlétique, Nathalia confesse un début d’épuisement, léger mais réel, même si la passion, elle, ne faiblit pas. Comment pourrait-il en être autrement quand, depuis trois ans, plus aucune subvention ne tombe du ciel ?
Le contexte général n’aide guère. L’État rogne de 25 % son soutien au livre, la création se serre la ceinture, et seules les grandes maisons d’édition, flanquées de leurs têtes d’affiche, semblent promises à la survie.
Pourtant, parfois, une étincelle surgit : un flyer bien placé, une rencontre imprévue. Ainsi, le directeur de l’entreprise Un air d'ici située à Carpentras, Franck Bonfils,est tombé sous le charme de l’association. Mention spéciale aux fruits secs et bio (noix de cajou en tête) qui accompagnent désormais les réunions : un mécénat aussi gourmand que bienvenu.
Justement, les flyers ! Nathalia lance un appel, presque en passant, mais avec l’espoir tenace de celles qui savent que l’entraide fait aussi partie de l’œuvre : quelques mains en plus pour aller afficher dans le centre-ville seraient précieuses. Et puis, autre chantier d’avenir, trouver de jeunes talents à l’aise avec l’image, capables de réaliser de courtes vidéos pour faire circuler la parole et les livres autrement, à hauteur d’écrans et de gestes contemporains.
Car l’absence se fait sentir. Julien n’est plus. Lui qui s’occupait des vidéos, avec discrétion et fidélité, manque cruellement. Sa disparition reste une blessure pour tous, un vide que ni les bonnes volontés ni les projets ne comblent tout à fait. On en parle sans s’appesantir, mais avec cette gravité douce que l’on réserve à ceux qui ont compté.
Alors oui, Nathalia continue. La fréquence des événements en 2026 sera stable, avec la même fougue, la même foi dans les textes et ceux qui les portent. La réunion s’offre d’ailleurs une respiration joyeuse avec l’écoute d’extraits d’Alexandre Jardin (invité de La Grande Librairie) et d’Édouard Baer (On y va). Instant suspendu : on ressort revigoré, presque prêt à affronter le réel.
Sans surprise, le rapport moral et le bilan sont votés à l’unanimité. Et l’avenir s’écrit déjà : les 20 et 21 mars 2026, Nathalia montera sur scène avec Yves Sauton au théâtre Golovine, dans une adaptation du livre de Nathalia, Le chaos de la séduction. Promesse d’élégance et de verbe incarné.
Nous aurons également la chance d’accueillir des invités exceptionnels tels que Franz-Olivier Giesbert et le philosophe Raphaël Enthoven. De belles soirées à venir!
La soirée s’achève autour d’un repas convivial. Les plats arrivent un peu froids, tout le monde n’applaudit pas, mais la bonne humeur, elle, reste brûlante. Comme la preuve, une fois encore, que la culture, même à feu doux, ne refroidit jamais vraiment.
Fanny Inesta













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