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Le reflet de l'âme

  • Photo du rédacteur: Dominique Mesle
    Dominique Mesle
  • 10 juil.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 24 juil.

2026 FESTIVAL OFF AVIGNON

Théâtre des Trois Raisins

Du 3 au 25 juillet à 13 h 00

Relâche les jeudis



.Sur scène, deux femmes nous font face. L'une, d'un âge certain, vêtue d'une robe rouge, est comédienne et semble profondément troublée. L'autre, plus jeune, habillée de blanc, demeure distante, presque impassible. Accrochée à un clou, sur le côté de la scène, une veste de matador attire immédiatement le regard.

Par son discours, la comédienne apparaît totalement perdue. Ses paroles, empreintes d'angoisse, de contradictions et de questionnements, évoquent les tourments d'une femme atteinte de schizophrénie. Peu à peu, l'existence d'un traumatisme s'impose comme une évidence. Sa mémoire semble s'être effacée ; sa vie, et jusqu'au souvenir de son propre enfant, paraissent engloutis dans les limbes de son esprit.

Face à elle : cet être vêtu de blanc. Malgré une haine réciproque bien installée, elle cherche désespérément un témoin capable de lui rendre la parole et de l'aider à reconstituer son passé. Pourtant, le dialogue demeure difficile. L'autre semble tout savoir, sans jamais réellement se livrer. Elle tente alors, par tous les moyens, de comprendre les causes de ce choc psychologique afin d'exorciser les démons qui la hantent.

Sa souffrance est immense et cette plongée dans les mécanismes de l'esprit prend une dimension presque métaphysique.

Le décor, baigné de clair-obscur, invite à l'introspection et nous pousse à nous interroger sur notre propre réaction face à une telle situation. La veste du matador symbolise l'attirance pour le danger, cette proximité permanente avec une mort toujours possible.

Le texte de Denis Gabriel, résolument surréaliste, déroute autant qu'il fascine. Il exige du spectateur une attention constante et une certaine familiarité avec ce type d'écriture. Une œuvre singulière qui ne laissera personne indifférent.


Dominique Mesle


Avec : Karine Burckel, Léa Fongo et Julie Fabioux

Texte et mise en scène : Denis Gabriel

Création lumières : Christophe Moschkowitch




Le reflet de l’âme

Théâtre Les 3 Raisins

Off 2026 du 4 au 25juillet à13 h (relâche les jeudis 9 16 et 23)

Durée 1h15









Le regard de Nadine Eid



      Ecritouilles d’Avignon

   à l’usage des pressés

       et des fatigués

Une comédienne semble perdre pieds, visiblement. Elle évoque par bribes des souvenirs, des traumatismes et s’entretient avec une jeune femme angélique et énigmatique.

Elles s’insupportent l’une l’autre et ne peuvent néanmoins se quitter. S’agit-il du reflet de son âme, d’un personnage défunt en dialogue avec ses 21,3 grammes d’âme ?


Cette grande comédienne au caractère bien affirmé serait elle atteinte de schizophrénie ?

Dans son jeu, il y a quelque chose de décalé. On ne sait trop d’autant qu’un troisième personnage fait office de médecin et semble collaborer avec la jeune femme.


L’interprétation est à saluer et les trois comédiennes délimitent bien leurs personnages.

La mise en scène est minimaliste avec les sièges en carton et le miroir qui questionne. Le décor a quelque chose d’onirique.

Les lumières sont adaptées et la veste de tauromachie apparait magnifique par la magie de la création lumière de Christophe Moschowitch. À elle seule, elle symbolise une mise en abîme du théâtre. Costume de scène, l’habit de lumière du torero renvoie à son passé. Dans son présent, le délabrement fissure ses certitudes, la fragilise au point d’avoir un besoin constant de l’angélique infirmière, garde malade, aidante, à tous le moins.

Le passé seul est glorieux. Il est jeu de comédienne, rôles, vie d’incarnation de personnage en personnage. Elle qui a tant été, ne sait plus qui être. Elle cherche et ne trouve rien au présent. En outre, son introspection la fait côtoyer des ombres qu’elle affronte et questionne non sans dangers et risque de se perdre. L’espoir de pouvoir à nouveau s’ancrer dans une réalité relative et acceptable même effilochée, recousue morceau par morceau devient rapsodique, fuyant. Le diagnostic du médecin est incertain comme l’est la prégnance dans une réalité trouble.


La mise en scène de Denis Gabriel permet de signifier l’introspection et travaille à préciser ce que peut-être le texte ne précise pas suffisamment.

A trop pratiquer l’ellipse, le spectateur est tout aussi perdu que la comédienne amnésique et c’est peut-être là, l’écueil de cette pièce.

Agirait elle en mimétisme au personnage principal ? Le public est-il invité sciemment à se fourvoyer, à hésiter et à suivre l’errance et la confusion mentale de cette conscience altérée ?

Peut-être mais cet inconfort est à signaler quoi qu’il en soit.



Nadine Eid



*

**

***

****

*****


Le Reflet de l’âme

de Denis Gabriel

Mise en scène Denis Gabriel

Interprétation Karine Burckel

Interprétation Julie Fabioux

Interprétation Léa Fongo

Cie LLDLP/la Lune Dans Les Pieds

Presse Ace and co Dominique Lhotte









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Nous sommes Fanny Inesta et Jean-Michel Gautier, chroniqueurs indépendants et surtout passionnés de théâtre, d’expositions, et de culture en général. A ce jour, nous créons notre propre site, avec nos coups de coeur et parfois nos coups de griffes… que nous partageons avec vous.

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