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L'indiscipline ou la très mystérieuse et embarrassante disparition d'une hystérique à la Salpêtrière

  • Photo du rédacteur: Nadine Eid
    Nadine Eid
  • 25 juil.
  • 3 min de lecture




La Luna

1 rue Séverine Avignon

Off 2026 du 5 au 25juillet à 21h35 relâche le 15 juillet

Durée 1h15


   




Une pièce entre les mains présente …



10 doigts pour saisir l’essentiel en moins de 10mn


Freud, Charcot et Breuer ont fait basculer la psychiatrie vers la psychanalyse. Comme elle n’avait pas d’humour, elle ne le lui a jamais pardonné.

                 Nadine Eid



Les célèbres séances des mardis de la Salpêtrière ont permis à Jean-Martin Charcot, professeur de neurologie, de présenter des cas cliniques de maladies du système nerveux. Ces séances étaient ouvertes à un auditoire de médecins, d’étudiants mais aussi d’ intellectuels,  d’ artistes… intéressés par ses recherches et par la psychanalyse. En quelle que sorte il s’agissait d’une pratique de la clinique publique. Aujourd’hui ce ne serait plus réalisable eu égard au respect du patient. Mais là aussi…

Charcot présentait à son public, essentiellement des patientes alors, le respect dû était tout relatif.

L’Eglise s’est longtemps  penchée sur l’épineuse question : les femmes ont-elles une âme ? La médecine quant à elle a clairement attribué au beau sexe la féminité de pathologies liées au sexe ou plus exactement à l’utérus, cet hystérique point étymologique. Le divorce de Freud et de Charcot est lié à une dissension-clef. Charcot théâtralise le corps malade et ses crises, il s’occupe de la physiologie du malade hypnotisé. Freud écrit une carte du tendre de l’esprit qui somatise des traumas sur le corps. Il va substituer l’hypnose à la libre association et invente ainsi la psychanalyse ou plus justement formulé, la découvre et va la nommer cliniquement en l’écrivant.


L’assistant du professeur Charcot, Gilles de la Tourette, est totalement dépité lorsque, lors d’une de ces fameuses séances du mardi, le cas annoncé, la patiente idéale Louise a disparu. Placés sous son égide, des substituts de la malade prévue peinent à prendre, au pied levé, le rôle de la vedette hystérique.

A la manière d’un thriller un rien déjanté, la folie se donne à voir dans une exposition qui masque la finalité : retrouver Louise, le cas d’école par excellence. Difficile pour le professeur et son assistant  d’improviser une séance où montrer a valeur de démontrer. Pour mieux assoir son autorité parmi ses pairs et acquérir une obédience incontestée, iI exhibe, à la manière du montreur d’ours des cas d’espèces. Les patients sont ceux d’une psychiatrie qui porte encore aujourd’hui les stigmates d’une période sombre et peu édifiante au regard du serment d’Hippocrate.

La pulsion scopique est mortifère et s’associe à des pulsions sadiques.


À la Mi-Carême dans cet établissement a lieu un très singulier Bal des Folles. Le Tout-Paris, avide de voyeurisme s’y rend pour mater les prétendues aliénées et voir ces femmes à demi-dévêtues. Le stade de la scopophilie est dépassé puisque les invités ont l’opportunité de toucher les corps des patientes dans la danse. Au delà de la déshumanisation du sujet, la théatralisation des séances du mardi en dit long sur l’instrumentalisation des femmes vulnérables sacrifiées sur l’autel des prétendues visées pédagogiques et des pseudo-observations scientifiques.


La mise en scène est au service d’une efficacité incontestable, les comédiens sont justes et la distribution est très pertinente.

Le rythme alerte maintient le public en écoute attentive. L’écriture affirme une volonté caractérisée  de placer L’indiscipline dans un registre de comédie burlesque. Raphaël Ruiz, dans le rôle de Charcot et celui du chef d’orchestre dépassé par les partitions de ses musiciens, est bluffant.

L’inversion des rôles, le montre en mimétisme avec ses patients. Les rôles sont superbement interprétés, la scénographie relève de l’intelligence de la mise en scène et permet de magnifier une création lumière et une composition musicale qui concourent à parfaire un univers théâtral captivant.


C’est ficelé avec art et dextérité, La troupe Threepenny Collective a su parfaitement s’entourer et a servi, au plateau de La Luna, une pièce qui fait date dans le Off 2026.


Nadine Eid


Des talents au service d’une écriture intelligente.

Un travail énorme et remarquable dans le résultat.

Un coup de coeur absolu et sans nuance !

Un souhait, le retour de L’indiscipline dans le prochain Off.


À voir et à revoir.

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*****


L’Indiscipline

de Ariel de la Garza Davidoff, Michal Vojtech, Pierre Albert Ollivier.

Mise en scène Ariel de la Garza Davidoff

Interprétation Sacha Augeard

Interprétation Fabio Goutet

Interprétation Daniela Hirsh

Interprétation Clément Jarrige

Interprétation Raphael Ruiz

Costumes Noemi Fintor

Scénographie Oscar Godfrey

Lumière Thomas Sandler

Musique Nathan Saudek

Threepenny Collective/ Coprod Avignon- JYOPROD spectacles

Presse Ace and co Dominique Lhotte

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Nous sommes Fanny Inesta et Jean-Michel Gautier, chroniqueurs indépendants et surtout passionnés de théâtre, d’expositions, et de culture en général. A ce jour, nous créons notre propre site, avec nos coups de coeur et parfois nos coups de griffes… que nous partageons avec vous.

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