Je me destine à la vie!
- Marguerite Romeuf

- 18 juil.
- 2 min de lecture
2026 FESTIVAL OFF AVIGNON
Maxima poesia présente Arthur Cravan et Joyce Mansour
du 4 au 25 juillet au Théâtre des 3 Raisins à 17h (relâche les jeudis)

Voilà dans ce festival un objet artistique qui ouvre à tous les possibles imaginaires, un « voyage fulgurant » dans l'inconformisme, un coup de poing dans la poésie bourgeoise, une vague échouée sur la plage du Surréalisme ! Un pur diamant poétique que nous jettent à la face, et au cœur, deux artistes de talent en la personne d'Anne Mispelter et deJulien Dupont Armstrong !
Sans oublier la participation éclairée en voix off de Noëmi Waysfeld.
Dans une scénographie en clair-obscur digne d'un tableau de Caravage (Michelangelo Merisi da Caravaggio né le 29 septembre 1571 à Milan), l'espace est habité par deux harpes, une guitare électrique, un chandelier à trois branches posé sur une valise, une sorte de coffre rectangulaire recouvert d'un tissu noir. On croirait presque se trouver dans la grotte de pirates...
De dos, en fond plateau, un homme boxe. Vêtu tout de noir, une discrète casquette posée à l'envers lui fait office de couvre-chef. Côté Cour, la harpiste, pantalon noir et bustier assorti, aux pieds de magnifiques escarpins brillants, elle joue d'une petite harpe branchée à un synthétiseur.
Le tableau, d'entrée est captivant.
Le discours aussi !
« J'ai besoin d'une grande débauche, je suis l'enfant de mon époque »
« Honnête, je sais l'être, et voleur je le suis », lance au public Julien Dupont Armstrong. Il est porteur des paroles du poète trop méconnu Arthur Cravan. Né à Lausanne le 22 mai 1887, de son vrai nom Fabian Avenarius Lloyd , boxeur, poète, et aventurier, il disparut vraisemblablement en novembre 1918 dans le golfe de Tehuantepec au Mexique.
Il est considéré comme l'un des précurseurs du mouvement dadaiste et surréaliste du début du XXème siècle. Sa poésie est crue, cynique, explosive, cinglante, on pourrait même dire trash. Elle percute, comme en boxe le ferait un uppercut !
« La vie ne vaut pas la peine d'être vécue, mais je vaux la peine de vivre ! »
Et c'est à corps perdu que Cravan vécut sa vie !
Dans cette proposition singulière, sorte d'OVNI au sein de ce festival, on a le sentiment de voguer dans des eaux troubles, dans un univers évoquant à la fois Bernard Lavilliers, Charles Baudelaire, et parfois même, étrangement, Georges Moustaki (« La femme auprès de qui je dors n'a plus vingt ans depuis longtemps »).
La sensualité et la puissance de cette poésie nous pénètre jusqu'en notre for intérieur.
La seule femme poète à exister dans ce monde des Surréalistes fut Joyce Mansour, elle aussi célébrée dans cette proposition artistique unique et séduisante par son originalité et sa force. André Breton éprouvait un immense respect pour Joyce Mansour. Cette poétesse née le 25 juillet 1928 et morte le 28 août 1986, égyptienne d'expression française, compte parmi les figures majeures du Surréalisme.
Amoureuses et amoureux de la poésie, courrez déguster ce moment suspendu au Théâtre des 3 Raisins à 17 h (relâche les jeudis) pour JE ME DESTINE A LA VIE !
Textes : Arthur Cravan et Joyce Mansour
Avec : Anne Mispelter et Julien Dupont Armstrong
Création Lumière : Simon Cornevin et Günther Leschnik
Marguerite Romeuf









Combien ce spectacle surprenant est magique par un remarquable travail d’artiste. Et une fois de plus cette proposition est judicieusement programmée aux 3 raisins. Un théâtre à fréquenter toute l’année
Un immense merci pour votre article si finement détaillé et votre si belle et intelligente appréciation de notre proposition artistique il est vrai hors norme mais sincère au plus haut point. Merci !!!