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Jésus de Marseille

FEST HIVER AVIGNON 2017

Théâtre Des Halles

Le 8 et 9 Février à 20h

Quand Valletti s’en prend au Christ….sans aucun sacrilège

Un très beau moment de théâtre aux Halles

Valletti fidèle à lui même met une fois encore des petites gens en scène, ceux qui ne sont pas en haut de l’ affiche, ni de la société, ceux qui n’ont en principe aucun intérêt.

Valletti jongle avec les mots, les détourne, les invente comme le faisait avant lui Boris Vian. On sent d’ailleurs une réelle filiation dans le traitement de ses sujets. Il aime jouer avec les mythes, poussant ses personnages issus du peuple vers la folie de leur vie, il se transcendent à ce moment là. Il le fait en leur donnant le langage de la rue, avec ses intonations, ses tics, et sa crudité verbale.

Valletti aime bien s’appuyer aussi sur l’actualité, sur du réel. Par moment on ressent cela et quelques propos sonnent pour nous évoquer des faits bien présents même si cette pièce est de 2007 elle résonne bien aujourd’hui.

Son christ n ‘est qu’un individu banal bien imbibé des senteurs des quartiers dits « chauds » de Marseille. Un spécimen qui nous fait rire par ses propos, sa gouaille et son décalage du personnage originel. Mais on est sans cesse sur un fil entre le rire et la retenue. On le suit sans peine dans toute la construction de son itinéraire de sa naissance à sa mort. Tout est cohérent et s’intègre à merveille dans le paysage local.

Son christ n’est pas un saint, c’est un gaillard bien commun, sans envergure, il ne comprend pas ce qui lui arrive … notamment ses pizzas qui guérissent . Tout est pris en décalage, en dérision, en contre point. Même s’ il est classé dangereux, car il peut semer des troubles dans la population puisqu’il se prend pour un personnage très important, il reste d’une grande humanité.

C’est bien un messie d’un genre nouveau qui prend forme …

D’entrée le ton est donné on place le début au début et la fin à sa place pour terminer comme il se doit. « N’empêche qu’au début il y a le commencement ».

Rien de plus cohérent mais derrière cette simplification extrême se cache un déroulement plus que singulier qui dévoile un personnage surprenant.

Dans un décor minimaliste, une table et deux chaises, les acteurs Camille Cuisinier et Pierre Benoist Varoclier évoluent avec un naturel surprenant, ils sont géniaux. Danielle Israëli signe une mise en scène tonique, bien cadencée. Le texte de Valletti est remarquablement bien servi. A voir sans hésitation.


Jean Michel Gautier


`de Serge Valletti

par la compagnie Théâtr’âme

avec. Camille Cuisinier

et Pierre Benoist Varoclier

mise en scène Danielle Israël

scénographie-costumes Danièle Israël

et Gingolph Gateau

Lumières Philippe Briot

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Nous sommes Fanny Inesta et Jean-Michel Gautier, chroniqueurs indépendants et surtout passionnés de théâtre, d’expositions, et de culture en général. A ce jour, nous créons notre propre site, avec nos coups de coeur et parfois nos coups de griffes… que nous partageons avec vous.

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