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  • Photo du rédacteurNadine Eid

Exposition CCI de Vaucluse


Du 22 au 26 avril 2024 de 13h30 à 17h

Vernissage le 22 avril à 18h

46 Cours Jean Jaurès- Avignon









C’est dans le bel écrin de la CCI de Vaucluse que, le 22 avril, a eu lieu le vernissage  de l’exposition d’oeuvres de cinq artistes aux talents remarquables. Flavie van Der Stigghel, Françoise Luciani, Walter de Rycke, Gina Côppens et Isabeau Chirat. Walter de Rycke n’a pu être présent  mais les autres artistes nous ont honorés  de leur présence.


Pour les accueillir et placer cette exposition sous le signe affirmé de la volonté de relier l’Art à l’Economie, le Président de la CCI Gilbert Marcelli, son Conseiller à la Culture Jacques Montaignac, Tomas Redondo Directeur général de la Chambre de Commerce et d’Industrie et Régine Pillegrim agent artistique.

Outre l’affirmation du lien entre l’Art et la Culture, il s’agit, pour la CCI de Vaucluse de marquer sa présence notamment par l’organisation de « beaux  événements » et ainsi, de préfigurer 2025  Terre de Culture qui, l’an prochain, célébrera les 25 ans d’Avignon Capitale européenne de la Culture.


Une exposition partagée est certes toujours interessante mais parfois aussi, ardue à préparer. Hors les contraintes et obligations classiques, les liens et les différences entre les oeuvres des artistes doivent, a minima, pour le public, offrir une cohérence d’intention.

Gageure relevée car l’itinéraire de cette exposition a concouru à tisser un lien entre chacun des artistes exposants, leurs oeuvres sont autant d’éléments projetés de leur imaginaire en une conception qui souvent les dépasse. Elles sont, autrement formulé, comme des pensées sublimées d’individualités en questionnement qui prendraient formes dans leurs oeuvres.

Que révèlent celles de Françoise Luciani ? Une netteté harmonieuse des teintes, un assemblage d’équilibres aux angles célébrés à l’infini, une constante préoccupation pour le visuel. Plus que sa texture, la matière est utilisée dans ses possibilités de susciter vivement l’émotion par l’agencement et les couleurs. Ses oeuvres sont des invitations esthétiques à fêter la gaité de la création. C’est percutant et visuellement captivant. Une immersion consentie du regard dans les profondeurs de l’oeuvre hypnotique. A contempler.

Les sculptures céramiques de Flavie Van Der Stigghel interrogent notre complétude dans les évidements des formes qui ne sont plus masses. Ses céramiques noires patinées ou brillantes rappellent les solides, les bronzes mais le travail en creux et les plissés indiquent d’autres voies. « Cosmos », «  courants d’eau », «  envolée aquatique » concilient d’apparentes oppositions qui ne sont pas sans rappeler celles de nos limites. On est loin des contours, au delà de ce qui détermine une forme, un volume, l’artiste va chercher des limites. Ce qui étiré, aminci, va signifier l’intention. Comme dans une trajectoire, l’arrivée n’est pas l’objectif, le vecteur l'est, en un sens, le mode de création, sa dynamique sont à l’honneur.

Que dire de Walter de Rycke, présent avec quelques oeuvres de céramique évocatrices de légendes ? Elles intriguent avec l’osmose de l’humain et de l’animal. Est-il question d’un bestiaire fantastique ? Que nous rappellent ces visages sans corps montés sur deux jambes/pattes ongulées et surmontés d’une coiffe ? Quant à l’animal qui semble être un chien, lui aussi n’est qu’une tête et une queue posées sur quatre pattes. Cornes pointues, dents acérées, ongles piquants tout en lui est offensif et ses deux énormes yeux blancs paraissent ceux de la prédation, défense et attaque, une véritable machine de guerre qui troue de toute part. Avec ses quelques oeuvres, Walter de Rycke est bien présent dans cette exposition signée en majorité par les oeuvres de quatre femmes.

Gina Côppens, elle, unit le sacré et le profane. « Silence I am burning » ne livre pas la clé qu’elle contient, elle place son oeuvre dans un temps autre que celui des résolutions. L’oeil, le regard est la matérialité de ce qui subsiste quand le feu a consumé. Ce qui demeure, ce n’est pas la matière mais le fait d’avoir été objet d’une vision. Il  en reste les bribes, les souvenirs rapsodiques d’une mémoire blême. Ses poupées qui éclairent le  monde sont elles aussi inscrites dans la souffrance qui consume mais qui peut aussi purifier. S’il doit rester quelque chose alors il faut croire que le feu n’est pas cendre mais flamme et que l’incarnation relève du divin et de l’éternel.

Invitons-nous, si elle la propose à nouveau, à son installation- performance qui porte ce titre injonctif, suggestif et kinesthésique  « Silence, je brûle »

Quant à Isabeau chirat, elle nous emmène, au terme de l’exposition, dans une pièce nocturne où ses suspensions- réalisées avec des matériaux de récupérations- s’articulent autour de la dualité et son ombre, un trio réflexif géré par l’éclairage. Il s’agit de grands pantins réalisés en différents morceaux reliés les uns aux autres. Les personnages sont des parties d’un tout non pas unifié mais dupliqué   sur une toile blanche. Elle joue avec les assemblages de couleur, la monochromie noire, les ombres portées sur le fond blanc où s’esquissent également des silhouettes dessinées aux visages eux aussi morcelés. La synecdoque joue à plein et comme toutes figures de remplacement ou de substitution, elle ouvre les perspectives de la pluralité dans l’évidence des différences. Nous sommes tous individués mais presque semblables et, sur la toile où nos ombres se projettent, nos visages se touchent. La fraternité de nos existences est ainsi, grâce aux angles de vue, démultipliée et où que nous soyons, qui que nous sommes, nous demeurons unis par nos  dis /semblances.

   

Nadine Eid



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Nous sommes Fanny Inesta et Jean-Michel Gautier, chroniqueurs indépendants et surtout passionnés de théâtre, d’expositions, et de culture en général. A ce jour, nous créons notre propre site, avec nos coups de coeur et parfois nos coups de griffes… que nous partageons avec vous.

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